[ANIMAUX] Protection animale : des chasses à courre… avec des êtres humains comme proies
Après le zoo sans animaux, la chasse sans animaux non plus ! En Angleterre, la chasse à courre ne poursuit plus les renards mais des leurres et, parfois même… des être humains. Adaptation aux mœurs du temps ou perte de l’esprit de cette pratique ?
Quand Göring interdisait la chasse à courre

L'interdiction de la chasse à courre en Allemagne en 1936.
Brigitte Bardot, on le sait, avait pressé Emmanuel Macron d’abolir la chasse à courre en France. En Belgique, la pratique en est interdite depuis 1995 ; en Angleterre depuis 2005. Tout le monde est « en retard » par rapport à l’Allemagne, où la Parforcejagd (la chasse « par force », en français dans le texte) a été prohibée… en 1936. Une volonté de Hitler et de Göring, « maître chasseur du Reich ». Le décret déplut fortement à la noblesse et on se demande ce que peuvent penser, aujourd’hui, les animalistes de ce précédent marqué idéologiquement — sur plus d’un point, les nazis furent des précurseurs de l’animalisme.
De la chasse au leurre…
Cependant, pour ne pas perdre le savoir-faire en vénerie, des alternatives sont nées. La plus courante est la chasse au leurre présentée en Allemagne comme « la préservation des traditions et du patrimoine culturel ancien ». Une vision des choses que ne partage pas Antoine Gallon, de la Société (française) de vénerie. Contacté par BV, il explique que dès lors que manque l’animal dans l’équation, il n’y a plus vénerie. Rien ne peut remplacer des animaux sauvages « dotés d'une résistance physique extraordinaire » et qui ont développé « des aptitudes très spécifiques à fuir leurs prédateurs ». La preuve : l’animal triomphe de la meute trois fois sur quatre.
Pour lui, « c'est donc à cette double confrontation que nous convie la vénerie : confrontation de la ruse de l'animal sauvage chassé et de la capacité de la meute à la déjouer et confrontation physique ». Il n'en reste rien dès lors qu’on traque un leurre. La chasse au leurre n’est pas une chasse à courre. Un ersatz, au mieux, avec tout ce qu’on peut mettre de frelaté dans ce mot.
…à la chasse à l’homme
En Angleterre, aussi, la chasse au leurre est pratiquée, mais elle vit peut-être ses derniers mois. On soupçonne, rapporte la fondation Brigitte-Bardot, qu’elle servirait trop souvent à couvrir de réelles chasses au renard. C’est là que l’initiative de Jeremy Whaley se démarque. En 2002, il a fondé « Les chiens de Saint-Hubert du Wessex – Chasser les humains pour le plaisir ». À 75 ans, il se présente comme « l'un des maîtres-chiens les plus expérimentés du pays » (d’abord avec des foxhounds, puis des saint-hubert).
Le principe est simple : quelques coureurs partent dans la campagne pour une boucle d’une douzaine de kilomètres. Ils doivent rester en groupe. Vingt minutes après, les cavaliers et la meute partent sur leurs traces. Les saint-hubert ont un flair hyper aiguisé et sont rapides comme le vent. Les coureurs ont peu de chance d’en réchapper. Mais nulle curée à l'arrivée : le saint-hubert est joueur. Pour le décorum, tout y est. Belles tenues, chevaux magnifiques, tel qu’on peut le voir sur la vidéo d’une partie de cette chasse spéciale.
Un jeu de cache-cache
Mais sous les dehors ludiques de l’activité, où est la chasse ? « Cette "chasse au joggeur" ne constitue en aucun cas une alternative acceptable ni encore moins plaisante », nous dit clairement Antoine Gallon. Et cela, sous au moins deux aspects. D’abord parce que l’homme n’a aucune aptitude à être une proie, puisqu’il est le prédateur. Le second aspect est philosophique : « Cette idée que l'homme chasse d'autres hommes paraît une hérésie. Non, les hommes ne se chassent pas les uns les autres. » Il y voit « la négation pure et simple de l'humanisme qui guide, dans l'Occident, les rapports entre les hommes depuis trois cents ans ».
Au fond, cette chasse à l’homme ressemble à un escape game inspiré de The Hunt (2020), film dans lequel de riches chasseurs traquent des péquenots pour assouvir leur soif de cruauté. Ou à une loufoquerie purement anglaise dans le goût des Monty Python. Peut-être est-ce juste « un nouveau jeu de cache-cache pour adultes consentants », se demande Antoine Gallon. Et pourquoi pas ? Mais, conclut-il, ce n’est « en aucun cas un acte de vénerie tel qu'il passionne les veneurs ».
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26 commentaires
Cela existe déjà (au cinema) :cinéphiles,regardez donc « Les chasses du comte Zaroff » ,un monument baroque!
Je suis contre la chasse à courre qui est pour moi barbare, comme la corrida d’ailleurs
On ne demande leur avis aux « chassés » : les animaux
Certains ont vraiment des passe temps bien macabres
Tout est féminisé mais ici, c’est encore une « chasse à l’homme »…
« les hommes ne se chassent pas les uns les autres ». Ben si. On voit ça en France tous les jours ou presque. « négation pure et simple de l’humanisme ». Y a-t-il une once d’humanisme dans la conduite de certaines communautés ?
j’ai lu un roman sur le sujet qui raconte la traque d’un cerf majestueux sur plusieurs années par un chasseur qui a l’impression, un moment, qu’il n’est qu’ à la poursuite d’une ombre. D’où le titre « le guetteur d’ombre » de Pierre Moinot .
J’ai une théorie sur la chasse qui n’est ni de la supprimer totalement ni de l’autoriser dans tous les cas. J’ai l’impression que l’on regarde plutôt le symbole que le réel et les équilibres nécessaires pour conserver ou réguler .
Ce qui est reproché à la chasse à courre que je n’ai jamais pratiqué , ni celle à pied non plus , c’est surtout qu’elle soit celle d’une caste de privilégiés , et cela remonte à la royauté . Les allées de la forêt de Compiègne ont été tracées pour cela .
Pour moi cette pratique , en dehors du fait qu’elle soit très sportive est une chasse qui est très sélective .
On ne prélève pas n’importe quel animal, les seules restrictions que je mettrais sont le fait que la frustration de n’avoir pu conclure forcent certains cavaliers à pousser l’animal plus loin dans ses retranchements ,y compris, jusque sur des terrains privés , et en ville parfois.
Par contre lorsque la chasse à courre n’est pas présente cela n’empêche pas de chasser le cervidé mais avec des moyen beaucoup plus sophistiqués y compris des fusils à jumelles , si bien que dans mon secteur , il y a une baisse drastique du cheptel de cerf , qui est passé de 80 à 20 en dix ans et cela sans chasse à courre !
Et les voitures et camions font le reste .
Pour moi , tout est une question de mesure , mais il faudrait une société plus civilisée que sujette au pouvoir de l’argent et des lobbies .
Je suis pour l’équilibre entre chasseurs et gibiers et contre la réintroduction et l élevage de gibiers sauvages qui ne sont que la conséquence d’un déséquilibre .
Il faut restreindre le nombre de chasseur dans certains secteurs ,surexploités ,jusqu’à voir la faune disparaitre totalement malgré des plans de chasse qui devraient empêcher cela .
Par ailleurs je ne suis pas opposé à la corrida , si elle n’existe plus, le taureau de combat sera appelé à disparaitre , hors c’est un animal magnifique y compris dans son milieu naturel de l’estuaire du Guadalquivir .tout comme le cheval des picadors souvent de race andalouse.
Et je suppose que le taureau qui tue le torero est félicité, fêté, gracié…