Ukraine : pour Trump, « la guerre doit prendre fin ». Un but impossible à atteindre ?
Après son entrevue, jeudi 22 janvier, avec Volodymyr Zelensky à Davos, où il l’a quasiment convoqué, Donald Trump a déclaré de manière très lapidaire que « la guerre doit prendre fin ». Le lendemain, Steve Witkoff et Jared Kushner ont rencontré Vladimir Poutine pendant quatre heures, après lesquelles il restait encore à régler le problème du Donbass que les Russes continuent à revendiquer dans sa totalité, exigeant de fait le retrait des troupes ukrainiennes des 20 % qui continuent à leur échapper. Samedi 24 janvier, une réunion tripartite a eu lieu entre Américains, Russes et Ukrainiens à Abou Dabi, capitale des Émirats arabes unis qui appartient au « Conseil de la paix » créé le jour précédent à Davos sous l’égide du président Trump. La délégation russe n’est pas menée, cette fois-ci, par un diplomate mais par un militaire, le général Igor Kotyukov, le chef du renseignement militaire.
Une guerre, ça se gagne ou ça se perd
Cette réunion n’a apparemment abouti à aucun accord et continue ce lundi 26 janvier. Alors, pourquoi les Ukrainiens et les Russes ne s’accordent-ils pas sur un territoire qui, avant la guerre, contenait cinq millions d’habitants et qui, aujourd’hui, n’en contient plus que 200.000 ?
Tout d’abord les principes : de chaque côté, abandonner ce territoire signifierait aux yeux de sa propre population que l’on aurait perdu la guerre. Une guerre, ça se perd ou ça se gagne. Il n’y a pas de match nul. L’armée qui reste sur le terrain d’une bataille est déclarée victorieuse, même si c’est au prix d’une victoire à la Pyrrhus. Si les Ukrainiens acceptaient de quitter les 20 % restants du Donbass, leur président Zelensky s’exposerait à la vindicte populaire, et peut-être aussi à un putsch de son armée, qui rejoindrait sa capitale avec ses armes. Cela fait penser au « retour triomphal » de l’armée allemande en 1918 qui, une fois démobilisée, allait combattre durant un à deux ans les révoltes spartakistes, y compris à Berlin où il y eut de nombreuses tentatives de coups d’État.
Les Ukrainiens, même s’ils sont en difficulté sur le front, ne veulent pas d’un diktat à Abou Dabi ou ailleurs. Ils sont théoriquement soutenus par leurs « amis » européens, mais ces derniers n’ont pas été invités aux négociations. Les Russes, quant à eux, sont sûrs de leur victoire à long terme, quoi qu’en soit le coût, humain et financier. Ils disposent encore de ressources humaines considérables et sont soutenus financièrement par leur allié chinois. Les sanctions économiques qui leur ont été infligées par les Occidentaux ont des effets à long terme, mais qui ne semblent pas encore avoir des conséquences sur l’attitude de la population qui reste résignée et contrainte à accepter la stratégie de son tsar.
Poutine : le temps devant lui
Le président Poutine semble avoir le temps devant lui, même s'il voudrait présenter à ses peuples une victoire tangible qui lui ferait récupérer au minimum des territoires déjà théoriquement reconnus comme russes au terme de référendums dont les résultats sont pourtant contestés par les Occidentaux. Poutine a réussi à mobiliser 40 % du PIB de la Russie pour nourrir sa guerre conventionnelle extrêmement coûteuse en matériel. L’armée russe s’est adaptée aux mutations de la guerre et construit également des drones qui avaient été au départ la prérogative des seuls Ukrainiens. Par ailleurs, la Russie dispose du premier arsenal nucléaire du monde, avec plus de têtes nucléaires que son challenger américain. Bien sûr, la première intention du président Poutine n’est pas de s’en servir. Mais cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, non seulement des Ukrainiens, mais aussi des Occidentaux - au premier chef des Européens -, empêche ces derniers d’intervenir dans le conflit de manière directe. Elle les oblige à une stratégie indirecte consistant à soutenir les Ukrainiens par la fourniture de ressources financières et matérielles, parfois en les entraînant et, surtout, en les assurant de renseignements qui permettent à l’armée ukrainienne de lire à livre ouvert le dispositif tactique, voire les intentions, de l’armée russe.
Trump s'impatiente
Le président Trump s’impatiente et veut faire pression sur les deux belligérants en les menaçant tous les deux. D’une part, il menace de ne plus fournir aux Ukrainiens les renseignements tactiques et stratégiques via l’état-major bilatéral de Wiesbaden en Allemagne, et d’autre part, il menace les Russes de les priver des ressources fournies par leur pétrole en arraisonnant ou en neutralisant les cargos de leur flotte fantôme, comme cela a déjà été fait au large du Venezuela, au début du mois de janvier.
En outre, le soutien de l’Ukraine coûte cher à la fois aux Américains et aux Européens, même si les industriels de la défense, américains et européens - au premier chef desquels les Allemands -, ne se plaignent pas des ventes de matériels aux Ukrainiens, voire aux Européens qui craignent une offensive russe sur un pays de l’OTAN à moyen terme, une fois le cessez-le-feu signé. Alors, si Trump décide d’abandonner à la fois les Ukrainiens et les Européens, il faudra à ces derniers trouver une stratégie qui leur permettra de tenir seuls face aux Russes...
La France et l’Allemagne, dans tout ça
La France pourrait alors mettre en avant ses arguments militaires et nucléaires, faisant d’elle la protectrice de l’Europe orientale, comme elle avait tenté de le faire entre les deux guerres mondiales, avec le succès que l'on sait. Sa stratégie défensive et dissuasive s’opposerait à toute stratégie offensive ukrainienne qui viserait à récupérer les territoires perdus du Donbass et de Crimée. La stratégie ukrainienne pourrait, elle, être appuyée par nos « amis allemands », encouragés par l’usure militaire supposée de la Russie. N'oublions pas que, forte de sa puissance industrielle, y compris dans le domaine militaire conventionnel, notamment terrestre, l'Allemagne vise à devenir d’ici 2030 la première puissance militaire européenne.
Alors, oui, « la guerre doit prendre fin ». Mais qui sera le vainqueur, qui sera le perdant ? Ou, plutôt, qui seront les vainqueurs, qui seront les perdants ?
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54 commentaires
Encore un article mainstream ou les Russes ont un tsar pour les guider, des sanctions qui vont faire mal, des territoire (20%) qu’ils mettrons 50 ans a conquérir, une économie a bout de souffle avec des Chinois heureusement avec eux pour leur tenir la tete hors de l’eau, une population a bout de nerfs Etc…Etc…nous connaissons bien le narratif officiel, je ne m’attarde pas la dessus, mais les Russes ont quand meme 600 milliards dans la nature dont 300 en UE, pas de dettes et une progression de 2,1 %…maintenant on peux parler des 35 000 milliards de dettes US, 3300 milliards de dettes Francaise Etc…des ICE US qui tuent tout ce qui bouge au teint un peu bronze, en France les égorgements, les viols en série, la drogue, les LGBT…Etc….. Qui se gèle les doigts de pieds l’hiver ? ce ne sont pas les Russes et leurs amis, qui c’est enrichie sur le dos courbe du soumis, ce sont les US..Etc….
Pauvre Président TRUMP….cet homme devrait savoir ( et doit savoir ) que la guerre d’Ukraine rapporte beaucoup d’argent à certains démagogues , qui se foutent pas mal des centaines de morts journaliers…les milliards que verse l’Europe vont bien quelque part en dehors des l’armement américain…Quant à POUTINE , il n’a jamais vendu autant de pétrole et de gaz tous les jours..Heurement que notre Mozart des finances français ( LEMAIRE ) voulait mettre à genoux l’économie russe !!!! C’est beau de pouvoir rêver.
Pour ce qui est des victoires et des défaites, l’histoire est pleine de peuples humiliés, déjà dans l’antiquité entre Romains et Gaulois. Ils ne s »en portent pas plus mal par la suite. Pour l’actualité récente, je préconise un gel des opérations en Ukraine, un cessez-le feu sur la ligne de combat. Un ajustement sur les cours d’eau au départ du Dniepr et affluents pour une frontière tangible et visible. Et pour les territoires perdus par l’Ukraine, utilisation de la méthode des pointillés, utilisée pour ne pas oublier que la frontière entre l’Allemagne et la Pologne est en attente de traité de paix pose guerre mondiale, qui n’ a jamais eu lieu et pendant 20 ans on a eu les atlas qui montraient l’Allemagne de 1948 avec en pointillé, les « territoires allemands sous administration polonaise ou russe ». L’histoire peut aussi aider et non revendiquer, toujours les territoires au mieux de l’époque du demandeur. Il y a aussi le pays qui a cédé par la force comme en 1945 et se porte bien maintenant, il est même considéré comme la « locomotive de l’Europe, expression un peu « passée ».
Petit rappel pour les pro ukrainiens ! L’Ukraine a bombardé quasi quotidiennement pendant presque 10 ans le sud-est de son territoire pour la simple raison que sa population était russophone à 90% . L’Union européenne n’a pas bronché et a même favorisé son armement selon les propres aveux de F.Hollande et de A.Merkel , les Démocrates américains qui possèdent 80% des terres agricoles ont sans doute participé à cela . V.Poutine en 2022 n’a fait que siffler la fin de cette situation dramatique !
L’Ukraine ? Que le gouvernement français s’occupe des conflits en France, à chaque coin de rues, et pas des conflits chez les autres. La France et la CEE n’ont absolument rien à voir dans cette guerre qui n’aurait jamais existée à ce niveau si les « Occidentaux » ne s’en étaient pas mêlés.
Ayons peur de l’Allemagne qui réarme, pas de la Russie ! Quand à la guerre en Ukraine, si les américains interrompent le renseignement satellitaire, c’est terminé ! Donc….
Tout à fait. Que cette guerre se termine car ras le bol de ces tueries qui coutent la vie à des milliers de personnes dans un camp comme dans l’autre. Que l’Ukraine laisse de DOMBAS à la Russie, qui est russophone, et ne pas oublier qu’elle a bombardé ce territoire pendant des années et ces pauvres gens dormaient dans les caves pour ne pas mourrir sous les bombes. ZELINSKI qui n’est plus Président, depuis quelques temps aurait dù organiser de nouvelles élèctions ?? Il attend quoi pour être déchu ? et le macron qui le soutenait, s’est trouvé un nouveau dada » le Groedland, » il reçoit aujourd’hui le Danemark et la Suède (je crois).à l’Elysée .. Ben Voyons ..
Moi, ce qui me fait peur, c’est que l’Allemagne vise à devenir la première puissance militaire de l’Europe alors qu’elle est déjà la première puissance économique et dicte son agenda à l’Europe (la signature du Mercosur en étant un exemple frappant). Certes le monde a changé, les équilibres ne sont pas les mêmes, mais la dernière fois que l’Allemagne s’est réarmée, cela s’est mal fini et il n’y a pas très longtemps. Cette alliance militaro/économique ne peut déboucher que sur une Europe Allemande et la vassalisation des autres nations européennes. Sommes nous prêts à l’accepter?
Ne vous inquietez pas outre mesure : l’allemagne vient de se suicider economiquement apres s’etre suicide demographiquement …De plus la Deustche Bank est la plus endettee de la zone euro avec un ratio de 32 euros empruntes pour 1 euro prete a ses clients …
Ce n’est évidemment pas la Slovénie ou la Belgique qui va « vassaliser » l’Europe. Ce sont des pays comme la France, ou l’Allemagne, assez puissants à notre niveau et capables aussi de diriger les autres pays, je ne vois pas la Bulgarie s’en occuper, c’est comme çà. En France aussi, il y a vassalisation entre Régions, et au sein des Régions il y a des vassalisations. Il y en a déjà au niveau de ma ville, certains quartiers se montrant plus importants que d’autres ! C’est la vie comme on dit…
Bien sur que non, je l’avais déjà signalé méfions nous de cette Allemagne qui a mis 100 MILLIARS sur la table pour son réarmement. Mais attendons 2027 que le macron sorte des radars. Mais SURTOUT que les français VOTENT non pas pour un parti, mais pour un PRESIDENT digne de ce nom.
VOTRE BULLETIN DE VOTE VAUT DE L’OR, POUR LA FRANCE ET LES FRANCAIS.
« Cette alliance militaro/économique ne peut déboucher que sur une Europe Allemande ». Ouvrez les yeux. Le IVème Reich a été établi dès la mise en place de l’Europe, sous directive américaine, et consolidé par l’adoption de l’Euro, faux nez du Mark. Quelques étapes : l’immatriculation des véhicules sur le modèle allemand, l’heure allemande imposée sur l’Europe de Varsovie à la Corogne, le tout grâce à la colonisation des institutions européennes par le personnel allemand.
Les Russes seront les vainqueurs et Trump sera l’artisan de la paix dont il récoltera les lauriers… Tous les autres, Ukraine, France, UE… seront des vaincus !
N’en déplaise aux va-en-guerres qui ont allumé le conflit par procuration d’Ukraine, le Donbass est historiquement russe, tout comme la Crimée d’ailleurs. Au lieu de l’autonomie promise, on a voulu contraindre par la force sa population à renoncer à sa langue russe et à ses coutumes. Il s’est alors soulevé par les armes dès 2016 en situation d’infériorité. En février 2022, il était sur le point d’être écrasé par l’armée ukrainienne et des colonnes de réfugiés franchissaient la frontière russe. Poutine n’eut plus d’autre choix que se porter au secours de ses frères. La guerre s’arrêtera après la reconquête de tout le Donbass.
« récupérer les territoires perdus du Donbass et de Crimée. » = et s’asseoir sur le référendum, bien sûr!
Mon amie criméenne me disait = nous avons voté fortement pour le rattachement de la Crimée à la Russie mère . S’il y avait un référendum maintenant, on voterait oui pour le rattachement à 99,5%! »
J’imagine, vu ce que le Donbass et autres oblats ont vécu depuis plus de 20 ans, ce serait idem. Le référendum serait encore plus majoritaire.
Maintenant, la parole du peuple ne vaut pas devant les desiderata d’un joueur de piano debout, sans doute fournisseur de « mouchoirs » à ses copains..
Vous avez tout à fait raison. Même beaucoup d’Ukrainiens voudraient redevenir russes. L’Ukraine était russe et Kiev fut la première capitale de la Russie. À propos, qui a incité les Ukrainien à demander leur…indépendance?…
Les Russes on a ce jour le monde entier contre eux et ça fait 4 ans qu’ils mènent cette guerre envers et contre tous à méditer
Le monde entier contre eux, hum…
Dossier bien compliqué il y a ce que l’on sait mais surtout ce que l’on ne sait pas, que l’ on nous cache, la corruption n’est pas en reste. Quant à nos amis allemands…..