Editoriaux - International - 2 septembre 2016

Zimbabwe : juste de la poudre aux yeux…

Il avait été question, dans une de nos récentes contributions, d’une déclaration du vice-président zimbabwéen qui avait vaguement proposé à certains fermiers blancs dépossédés de leurs terres par la réforme agraire de Mugabe, en l’an 2000, de les leur rendre. Frémissement d’espoir dans ce pays ravagé par la gabegie gouvernementale.

Enquête faite, il ne s’agit que d’une énième poignée de poudre jetée, non seulement aux yeux des fermiers, qui ne sont pas dupes, mais aussi aux yeux du FMI, qui refuse de prêter de l’argent à l’Etat zimbabwéen tant qu’il n’aura pas au moins compensé financièrement les fermiers spoliés.

Plusieurs accords bilatéraux avaient été signés à l’époque entre le gouvernement zimbabwéen et certains pays (Italie, Norvège, Pays-Bas et France, notamment) quant à la protection juridique de leurs ressortissants fermiers. C’est dans ce cadre que des fermiers de ces pays avaient engagé une action devant la Cour internationale de La Haye afin d’exiger les compensations en question. Ils avaient gagné leur cause, mais les caisses de l’État zimbabwéen étant vides, aucune compensation n’avait pu être payée.

Et c’est là où le machiavélisme des autorités zimbabwéennes intervient sous diverses formes pour laisser croire à l’opinion internationale que les fermiers spoliés pourraient retourner sur leurs fermes. En effet, ceux-ci disposaient avant leur éviction d’un bail à vie sur ces terres qu’ils avaient achetées en bonne et due forme il y a plusieurs dizaines d’années. Renseignements pris auprès des fermiers concernés, la poudre aux yeux consiste donc à leur proposer un nouveau bail de 99 ans, mais qui contient une clause selon laquelle ceux qui acceptent de le signer pourront être expulsés à n’importe quel moment après un préavis de… 30 jours. Qui plus est, ces mêmes fermiers auraient à réinvestir dans le matériel agricole, totalement détruit par les “nouveaux fermiers”, avec des terres laissées en jachère par eux. Beaucoup de ces fermes sont, en effet, aujourd’hui réduites à l’état de “squat”, les nouveaux occupants se contentant de produire un peu, pour assurer leur subsistance, et de couper les arbres pour faire du feu…

Et le serpent continue de se mordre la queue dans l’indifférence générale…

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