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Culture - Editoriaux - Médias - Musique - Presse - Radio - Table - Télévision - 20 décembre 2014

Zemmour viré : un procès en sorcellerie

Ca y est, elle l’a fait : la chaîne d’information i>Télé, appartenant au groupe Canal+ – lui-même une filiale de Vivendi Universal qui, entre autres, contrôle 17 autres chaînes thématiques –, vient de l’annoncer : ça ne se disputera plus entre Nicolas Domenach et Éric Zemmour, ce dernier étant accusé d’avoir dit un mot qu’il n’a pas prononcé et ensuite de ne pas avoir contredit un mot mais qui n’a pas été prononcé.

En effet, les explications données par Stefan Montefiori (le journaliste italien qui rapporta au journal Corriere della Sera, le 30 octobre, son interview d’Éric Zemmour), lequel avoue pourtant avoir a posteriori ajouté le terme “déportation” – pas plus que celles apportées dans un entretien filmé auquel s’est prêté l’incriminé mais qui ne sera pas diffusé –, ne sont parvenues à “dissiper le trouble”, raconte la directrice de la rédaction Céline Pigalle.

Clairement, Zemmour est viré non seulement pour ce qu’il n’a pas dit mais pour ce qu’il est soupçonné de penser. Un procès en sorcellerie, en quelque sorte, dont par exemple l’Arabie saoudite est coutumière pour justifier les condamnations à mort des personnes n’ayant fait qu’exercer leurs droits fondamentaux comme la liberté d’expression.

Mais justement : avoir défendu la liberté d’expression du principal intéressé durant dix ans, cela suffisait ! D’après Céline Pigalle, “on a l’impression que c’est lui [Zemmour] qui fixe les règles et de quoi on parle. On a de moins en moins le sentiment qu’on peut débattre. Le dialogue est de plus en plus difficile, voire impossible.” À qui le dit-elle…

Au fond, i>Télé a bien rempli sa mission ; après avoir consenti pendant dix ans au pluralisme des opinions, enregistré de confortables taux d’audience grâce à un journaliste dont le dernier livre « Le Suicide français » s’est déjà vendu a 400.000 exemplaires, la chaîne justifie l’arrêt de l’émission fétiche de nombre de Français pour les mêmes raisons que celles pour lesquelles elle l’avait choisi. Venant de gens “très soucieux de respecter la liberté d’expression” d’une chaîne “du monde ouvert”, cela prêterait à rire si ce n’était si pathétique.

Presse, médias et liberté d’expression ? Un oxymoron, quand on sait la prise de pouvoir des financiers et des banques sur ces derniers qualifiés de premier pouvoir par le fondateur du site Polémia, Jean-Yves Le Gallou.

Cinq banques siègent au conseil d’administration de Bouygues, propriétaire de TF1 ; le groupe France Télévisions (France 2, 3 , 4, 5, RFO) ainsi que les antennes de Radio France (France Inter, France Info, RFI, France Bleu, France Culture, France Musique, etc.) appartiennent à l’État français. Arte, la franco-allemande, où Bernard-Henri Lévy est président du conseil de surveillance, est détenue à 50 % par Arte France, c’est-à-dire France Télévisions et l’Etat français, pour ne citer qu’eux.

Côté presse écrite, Rothschild contrôle Libération, Lazard siège au Monde et Crédit mutuel et Crédit agricole se partagent la PQR (presse quotidienne régionale).

Si, comme le souligne Polémia, les médias résultent de “l’union des milliardaires” » – une centaine d’hommes – et de la “médiaklatura”, quelle chaîne de télévision osera se porter candidate à l’embauche d’Éric Zemmour ? Aurons-nous la surprise ?

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