Quand toute la France se bidonne devant Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu, le CRAN monte une garde vigilante. Le Conseil représentatif des associations noires est une association dont le nom évoque directement la couleur de peau et a pour objet « de faire respecter en France l'égalité et la diversité, qui sont [pour lui] des valeurs essentielles ». Elle lutte contre les discriminations raciales, les inégalités sociales, les injustices postcoloniales. On rigole deux minutes en imaginant la création d’un Conseil représentatif des associations blanches et les cris de pucelle effarouchée que cette plaisanterie déclencherait. Fin de la récré, on redevient sérieux.

Le CRAN, fidèle à sa mission, a saisi le CSA et dénonce « Éric Zemmour, après une chronique appelant implicitement à une de purification ethnique ». Bigre, rien que ça ! Le trublion du PAF a encore dérapé, si l’on en croit la presse. Il faut dire que le journaliste n’y est pas allé avec le dos de la cuillère :

Seules les sociétés homogènes comme le Japon, ayant refusé de longue date l'immigration de masse, et protégées par des barrières naturelles, […] échappent à cette violence de la rue. Notre territoire, privé de la protection de ses anciennes frontières, renoue dans les villes, mais aussi dans les campagnes, avec les grandes razzias, les pillages d'autrefois, les Normands, les Huns, les Arabes. Les grandes invasions d'après la chute de Rome sont désormais remplacées par des bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d'Africains, qui dévalisent, violentent ou dépouillent. Une population française sidérée et prostrée crie sa fureur, mais celle-ci se perd dans le vide intersidéral des statistiques.

C’est raide comme de la liqueur d’échalote. Mais qu’est-ce qui choque nos puritains dans ces propos ? Qu’ils soient faux ? L’interdiction des statistiques ethniques les rend indémontrables. Il faut aller faire un tour dans les tribunaux correctionnels pour se faire une opinion personnelle sur la question.

Ce qui les choque, c’est surtout que Zemmour ose le penser. Il est interdit d’aborder la question. Interdit d’évoquer des faits, et d’inviter ses contradicteurs à en débattre sur le fond. Que Zemmour ait raison ou tort, là n’est pas la question. La parade des associations antiracistes consiste à interdire le sujet, à l’exclure du débat public. Il existe, en France, des thèmes qu’il n’est plus possible d’évoquer sans risquer des poursuites par les ligues de vertu. S’il était logique avec lui-même, le CRAN demanderait l’instauration de statistiques ethniques dans tous les domaines, y compris la délinquance. On peut toujours rêver !

Que, juridiquement, rien ne puisse être reproché à Zemmour n’y changera rien : l’important, c’est la dénonciation dans la presse, c’est de lancer les chiens. Le temps judiciaire n’est pas le temps médiatique. Il sera poursuivi… ou pas. Mais lorsque la décision tombera, peu importe son contenu, nul n’y prêtera attention.

La seule chose qui n’arrivera pas, c’est un débat entre le CRAN et Zemmour. En discutant avec le diable, on risque de le légitimer.

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9 mai 2014

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