À chaque époque ses résistants. Il y a ceux qui ont combattu au péril de leur vie, et ceux qui militent assidûment sur les plateaux de au péril de leur popularité. Parmi ceux-là, Yannick Noah, longtemps plébiscité personnalité préférée des Français et figure de proue fraîchement colérique de ces Nouveaux Résistants, récemment sorti du maquis – notamment fiscal, en ce qui le concerne.

À l’instar de toutes les figures emblématiques des grands résistants qui ont jalonné l’histoire de notre pays, en particulier à travers ses heures les plus sombres, Noah, tout comme le gratin du colossal troupeau intellectuellement cloné de la meute médiatico-culturelle au pouvoir – y compris politique –, combat, lui qui n’a pas peur du fétide, le discours nauséabond de l’« extrême droâte », subissant en conséquence « un déferlement de haine et de vomi, notamment sur les réseaux sociaux ».

Mais ce grand combattant de la terre battue ne s’avoue pas pour autant battu. Et de rajouter sur le plateau d’Alessandra Sublet : « Qu’est-ce que je laisse à mes enfants ? Papa, qu’est-ce qu’il a fait quand ça se barrait comme ça en sucette ? » Il se barrait en Suisse ? Aux États-Unis ? Au Cameroun pour soutenir un candidat à la présidentielle du pays de son enfance ? Papa est la caricature accomplie de ces « hommes hors-sol », ces apatrides intentionnels qui nous ressassent ad nauseam leur rengaine sur d’augustes valeurs patriotiques d’on ne sait plus quel pays, qui ne jurent que par la République et parjurent la France, et dont les enfants – par exemple, grands sportifs comme leur père – ne daignent pas jouer dans l’équipe nationale, lui préférant la rentabilité outre-Atlantique.

Noah, le bidasse, le guerrier qui n’a jamais eu peur des balles, tout comme d’autres de ses frères d’armes – Éric Cantona, par exemple, qui a participé à sa colère cacophonique, et qui a également réussi, au faîte de sa carrière, à faire chanter « La Marseillaise » aux Anglais de Manchester United. Grandeur et déchéance de celui qui n’en a probablement pas compris la signifiance. L’accent anglais, probablement. Des exemples parmi tant d’autre de ces Nouveaux Résistants de plus en plus délaissés par le « grand public », cette populace populiste, plèbe xénophobe qui leur préfère « des gens à la qui disent des choses assez hallucinantes, et qui sont même de plus en plus populaires ».

Ce qui l’a le plus choqué, rajoute-t-il « n’est pas tellement le dégueulis qu’on m’a balancé sur la figure, c’est le manque de réaction de la part de gens que j’imaginais faire partie de mon équipe ». Peut-être que la roue est en train de tourner dans le cheptel des nouveaux chiens de garde, chez ces autoproclamés Nouveaux Résistants d’aujourd’hui, jugés collabos demain, cette chienlit d’artistes engagés, d’intellectuels enragés et d’experts intronisés. Certains rats commenceraient à quitter le navire, car la réalité les rattrape, cette réalité macabre, ce fruit pourri, cette conception d’une dysmorphique issue de l’idéologie soixante-huitarde que nos bien-pensants ont tellement essayé – en vain – d’occulter, puis de voiler, qu’ils sont maintenant prêts à se crever les yeux pour ne plus devoir regarder en face leur chimère interculturelle, métissée et moribonde.

Et notre Nouveau Résistant de conclure : « C’est assez inquiétant, mais j’ai la foi, je pense qu’on va se réveiller. »

Yannick, je pense que ton cauchemar ne fait que commencer.

25 octobre 2014

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