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Culture - Editoriaux - Histoire - Le débat - Politique - 17 septembre 2016

Y’a d’l’eau dans le gaz en république de France

On a échappé à un nouveau massacre à Paris. La gaz a fait buzz. Ouf ! Mais pour autant, son nuage “étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription” (Beaumarchais, La Calomnie). Bref, ça pète de partout et on va droit à la cata !
À l’est, écrit un boulevardier voltairien, “ça détricote grave”, ainsi que je l’avais déjà fait remarquer dans ces mêmes lignes, l’Alsace dérivant vers l’outre-Rhin en regardant avec inquiétude, sinon un début de mépris, de l’autre côté des Vosges. Elle (et la Lorraine) nous ont pourtant coûté 1.500.000 morts. Danke schön !

Londres se paie le luxe de faire construire à Calais son mur frontalier, nouveau mur de la honte ! Quel symbole et quelle balafre dans notre souveraineté et l’Entente cordiale ! On cherche six bourgeois encordés pour aller mander grâce to Her Gracious Majesty. Une fois tous les sept siècles, it is not too much.

En Bretagne, le Planning familial a lancé l’opération “Douarnkini” au motif qu’interdire le burkini sur les plages est une “persécution faite aux femmes musulmanes”. Ce lobby de viragos devrait, d’une part, essayer de faire preuve d’intelligence et, ensuite, relire au chapitre “Libération du corps de la femme” la fiche consacrée au corset. À moins qu’il ne considère l’obstacle des sept voiles utile à sa politique de régulation des naissances.

La Vendée, qui décidément apparaît être un repère et un conservatoire de notre histoire, de notre culture et de nos traditions, semble pour le moment échapper au miasme gazogène. Il suffira de déplacer de quelques kilomètres au sud l’ancien réduit breton pour installer chez les “ventres à choux” (et saucisses non halal) la base de départ de la Reconquista dans quelques années ou plusieurs siècles.

Les grands crus bordelais ont leur immense mosquée flambant neuve (une jupette à défaut de burkini) où les burettes de haut-brion et, a fortiori, de mouton rothschild (malgré le mouton) sont interdites, l’aéroport de Toulouse ses Chinois et leurs yeux plissés sur Airbus, et la Catalogne ses frères séparés d’au-delà des Pyrénées comme l’Alsacien son Wurtembergeois.

En langue d’Oc, c’est l’Union des musulmans de Lunel qui mène le débat à la mosquée El Baraka à quelques encablures au nord des Saintes-Maries-de-la-Mer où, au IXe siècle, un précédent raid sarrasin avait transformé l’évêque du lieu en cadavre ambulant (histoire qu’il serait utile de rappeler au curé oecuménique local, les mêmes causes engendrant les mêmes effets).

Il n’est pas utile d’insister sur la Côte d’Azur, rampe de lancement estivale sur tapis volant cannois du burkini-fashion, bien que si une certaine actrice en avait naguère porté au festival, personne n’aurait aperçu sa culotte ni son téton qu’elle a, par ailleurs, fort joli.

La Corse, elle, a choisi : “Fóra !” Au moins, cela a le mérite d’être clair, mais souligne toutefois encore un peu plus l’indépendantisme de l’île de Beauté qui pourrait partir très vite sur son erre.

Qui va siffler la fin de la récré et éteindre le gaz ?

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