Ghislaine Dumesnil, auteur de Mahomet au volant, la charia au tournant (“Témoignage choc d’une conductrice de bus de la RATP”), a été scandalisée par les propos de la députée Danièle Obono, selon laquelle le refus de conduire un bus après une femme n’est que signe de “sexisme” et pas de “radicalisation”.

Elle peut témoigner que, depuis le début des années 2000, des femmes sont humiliées tous les jours par des hommes qui refusent de leur serrer la main, de leur parler, de travailler avec elles, et même, pour certains, de conduire après elles. Et les seuls hommes qu’elle a vus avoir ce type de comportement sont des musulmans, elle ne connaît pas d’hommes qui auraient ce comportement pour d’autres raisons.

Ghislaine Dausmenil, la députée Danièle Obono a déclaré qu’un conducteur de la RATP qui refusait de conduire un bus après une femme pouvait être suspecté de sexisme mais pas de radicalisation musulmane.
Comment interprétez-vous cette assertion ?

Je suis scandalisée par ses propos. Ils minimisent l’impact de l’attitude de ces employés de la RATP vis-à-vis des femmes.
Des femmes sont humiliées tous les jours par des hommes qui refusent de leur dire bonjour, de leur serrer la main, de leur parler et de travailler avec elles.
Quelques-uns vont jusqu’à refuser de prendre le volant parce qu’elles ont conduit juste avant.
On ne peut pas considérer que ces hommes ne sont pas des radicalisés.
Les seuls hommes qui pratiquent ce type de comportements sont des musulmans. Je ne connais pas d’autres hommes qui ont ce type de comportements pour d’autres raisons.
Laisser dire ou banaliser le fait qu’on puisse refuser de travailler avec des femmes ne va pas arranger la situation, en particulier dans les entreprises où celle-ci est déjà difficile.
On ne peut pas imaginer un instant que ces gens qui nous humilient ne sont pas radicalisés. C’est impensable et inimaginable !
Caractériser cela de simple sexisme relève d’une réelle volonté de banaliser l’application de la charia.

Avez-vous vu la situation se détériorer progressivement ou le problème existe-t-il depuis 15 ans et on commence à peine à s’en apercevoir ?

Cela a commencé au début des années 2000.
De plus en plus de musulmans travaillent à la RATP et on les laisse à peu près tout faire.
Le fait par exemple de refuser de serrer la main aux femmes a été acté dans les guides de la laïcité en 2012. Ces guides expliquent qu’aucune loi n’oblige les gens à se serrer la main et que les musulmans ne peuvent être obligés à serrer la main ou dire bonjour, etc.
Seul le non-respect des collègues peut-être incriminé.
On sait très bien que ne pas serrer la main aux femmes est en soi un manque de respect et un mépris total pour ses collègues.
Nous sommes passés à une autre étape avec le fameux : « je refuse de conduire un bus après une femme », mais bien d’autres choses ont déjà été actées.
C’est la raison pour laquelle cette situation s’est multipliée et banalisée en très peu de temps.
Plus personne ne dit quoi que ce soit.
Les femmes se soumettent ou alors sont ostracisées et insultées lorsqu’elles s’élèvent comme j’ai pu le faire.
En très peu de temps, tout cela s’est aggravé grâce à la complicité des syndicats, à la complaisance de la Direction et des élus de la République. Ils nous expliquent que le refus de travailler avec une femme peut être simplement sexiste et non pas une marque religieuse.
C’est évidemment totalement faux !
En 2007, un syndicat des cadres alertait déjà sur ce type de comportements.

Vous étiez syndiqué à la CGT. On peut supposer que vous alliez alerter vos syndicats et que ceux-ci étaient au courant de la question. Mais d’après ce que vous dites, ils auraient tendance à justifier ce genre de pratiques ?

Justifier est peut être trop fort, mais je dirais au moins avoir une certaine complaisance vis-à-vis de cette population d’origine immigrée en grande majorité.
Ils sont de facto des victimes. On considère que c’est juste une culture différente et qu’après tout ce n’est pas si grave.
Voilà ce qu’il en est pour les syndicats.

La Direction tient à peu près le même discours, d’autant plus que c’est elle qui les a embauchés. Elle a investi en eux et ne veut pas s’en défaire.
Cela leur permet tranquillement, d’une pratique à une autre, d’installer durablement l’ dans l’entreprise.

5 octobre 2017

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