À Londres, cela s’est fait à la machette ou au coupe-coupe (c’est selon). À Paris, à la Défense, c’était au cutter. En Arabie saoudite, une nette préférence se manifeste en faveur du sabre. À Tombouctou, quand y régnaient les djihadistes, le couteau faisait l’affaire. Comme pour le cinéaste hollandais Van Gogh, égorgé avec une arme de ce type.

En Iran, pays notamment plus avancé que certains États arabes, une petite scie électrique ampute les coupables. Le feu qui brûle et qui purifie a les faveurs de certains : les fidèles des églises coptes en Égypte et des lieux de prière chrétiens au Nigeria ont eu à en connaître. D’autres, plus modernes, comme Mohammed Merah, ont un faible pour les armes à feu. Et les ceintures d’explosifs ne sont pas négligées non plus. Est-ce que cela a quelque chose à voir avec l’islam ? Non, répondent les imams, à l’exception de ceux d’entre eux, assez nombreux, qui prêchent la haine et le meurtre. Non, évidemment, renchérissent des hommes politiques, des journalistes et des sociologues, peu enclins à montrer du doigt une religion plutôt qu’une autre. Une paresseuse litanie dont la soporifique mélodie sied au bal des hypocrites.

Bien sûr que la majorité des musulmans et de leurs imams sont des gens pacifiques et respectueux d’autrui. Mais une fois qu’on a dit ça, on n’a rien dit. Juste une banalité du genre : il ne faut pas que quelques gouttes de sang dissimulent un océan de paix et d’amour. Ou encore, concocté dans les mêmes marmites où cuit cette bouillie fade : l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Mais il faut quand même oser poser la seule question qui vaille : mais de quelle forêt vient cet arbre ? Pourquoi a-t-il poussé et grandi dans cette forêt-là et pas dans une autre ?

Il se peut – puisqu’il faut raison garder – que l’homme au cutter soit un déséquilibré. Alors, dans ce cas, des déséquilibrés comme lui, il y en a des milliers, des dizaines de milliers. Tous ceux qui égorgent et mutilent en invoquant un dieu dont ils vénèrent le nom. Des fous de Dieu. Et Allah, comme naguère Jupiter, rend fous ceux qu’il veut perdre…

L’islam, contrairement aux apparences, est une religion en déclin. Mais alors les mosquées qui poussent un peu partout ? Et les partis islamistes qui accèdent au pouvoir ? Et le terrorisme, les assassinats, les loups solitaires (pas si solitaires que ça car, par la force du nombre, ils deviennent une meute) ? Certes. Mais il s’agit là des soubresauts sanglants et désespérés d’un animal qui, sentant sa mort venir, s’est inventé un ennemi pour pouvoir exister en tuant. Le problème est que, à notre horloge contemporaine, ça risque de durer longtemps. Mais le temps de l’Histoire n’est pas celui d’une vie d’homme.

En Europe, à la fin du XVIIIe siècle, les bûchers de l’Inquisition espagnole brûlaient encore de temps en temps, et en France on mettait à mort le protestant Calas et le chevalier de La Barre, réputés blasphémateurs. De nombreuses consciences – dont celle de Voltaire – en furent révoltées. Reste que ni le clergé français, qui, dans sa majorité, rallia le tiers état pour faire la révolution de 1789, ni la plupart des catholiques n’étaient alors des fanatiques. Ce qui vaut sans doute pour la majorité des musulmans d’aujourd’hui.

Le catholicisme fut alors combattu sans relâche, sans pitié et souvent violemment. Et on cessa de tuer au nom du Christ. Mahomet ne mérite pas plus d’égards. Et il faut faire vite. Car selon le calendrier de l’Hégire, nous sommes au XVe siècle. Trois siècles à attendre ; c’est trop long…

À lire aussi

Pour le New York Times, un Blanc ne vaut pas un Noir

Un B majuscule dans le New York Times, c’est comme, chez nous, la Légion d’honneur. …