Editoriaux - Histoire - Politique - Table - 22 novembre 2016

Vous pouvez choisir la coiffure de votre candidat, et ce sera bien tout !

Le brouhaha des résultats de la primaire de la droite et du centre vient à peine de se taire que, déjà, la ligne droite du second tour se présente.

On peut difficilement dire que le suspense est hitchcockien ; un simple calcul de report de voix esquissé sur un ticket de métro (seule NKM ne sait pas ce que c’est…) peut nous permettre sans risque d’être pris pour un illuminé – heu pardon, un institut de sondage – de considérer que François Fillon sera vainqueur.

Les éditoriaux nous parlent de liberté retrouvée, de droite reconstruite, du triomphe des valeurs traditionnelles ; c’est formidable et probablement ont-ils été soigneusement écrits la semaine dernière alors que leurs auteurs avaient un peu de temps à perdre.

C’est la victoire de pas grand-chose, si l’on occulte la disparition du paysage politique de Nicolas Sarkozy puis celle, dimanche prochain, d’Alain Juppé.

On observera les scores dignes d’une élection soviétique de nos trois pieds nickelés : 93,2 %.

Ce pourcentage également digne d’une république bananière est réparti sur trois têtes d’ancien Président OU Premier ministre…

François Fillon sera dimanche soir le vainqueur de cette primaire. Mais lundi matin, le roi sera nu.

Le roi sera nu car, finalement, la motivation de ce vote, c’est surtout la désintégration (programmée) de Nicolas Sarkozy et l’effacement (souhaité) d’Alain Juppé.

On oubliera que les programmes sont en réalité similaires et que les débats qui ont eu lieu l’ont été sur des mesurettes, sur le sort de François Bayrou, sur des montants de tant ou tant de milliards, sur des histoires de temps de travail (ce serait mieux, d’ailleurs, qu’il y ait du travail avant que l’on ne glose sur sa durée…).

Bien évidemment, on oubliera vite les précédents postulants, et donc on ne comparera pas.

On rentrera surtout dans une phase plus virile de campagne électorale… enfin virile… la tornade blonde, bien silencieuse pour l’instant, est à l’affût…

En début de siècle dernier, Henry Ford expliquait que le client pouvait choisir la couleur de sa Ford T, pourvu qu’elle soit noire. C’est à peu près le choix que la primaire nous a donné.

Là c’est pareil, la première conclusion, c’est que si tu n’a pas été a minima Premier ministre, ce n’est pas la peine de venir jouer dans la cour des grands. Trump, c’est le rêve américain et, chez nous, on continue le cauchemar français.

Il est bien regrettable que la profondeur et parfois le modernisme que Jean-Frédéric Poisson a pu apporter au débat sur bien des sujets sous les regards ironiques de ses compétiteurs aient été laminés par le vote utile. On aboutit à des paradoxes hallucinants où Sens commun et LMPT claironnent au sujet de la victoire de François Fillon, probablement sans imaginer des lendemains qui déchantent : il ne leur a rien promis et l’abrogation de la loi Taubira, puis la défense de la famille, seront des souvenirs qui s’estomperont au fur et à mesure que l’on avancera… vers une Europe toujours plus puissante et une France de plus en plus islamisée et de plus en plus servile. Mais aujourd’hui, jour de victoire, il faut être sur la photo !

Le roi sera nu, donc, et surtout, le tohu-bohu estompé, on se rendra compte que celui qui nous promet de nous sortir du merdier ambiant est celui qui nous y a mis ! Les braconniers font les meilleurs gardes-chasse, dit-on…

Dimanche, choisissez le style de coiffure qui vous convient, c’est bien le seul choix que vous pourrez faire.

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