Ainsi va la France. Lorsque la force publique, dans son action, provoque la mort infiniment triste et regrettable d’un citoyen français au cours d’une violente, voici que les bonnes consciences s’émeuvent. Dans les rues, saccages et bandes organisées. Sur les plateaux télés, le plus prestigieux des généraux de gendarmerie est sommé de s’expliquer devant un gamin sorti d’école de journalisme. Les éditorialistes de tous bords s’entretuent à force coups de plumes. Et la gauche au pouvoir, 30 ans après la mort de Malik Oussekine, maintient son ministre de l’Intérieur. Depuis Cahuzac, le maintien du failli est devenu la norme du système. Les sièges à perdre vont devenir si nombreux aux prochaines qu’il faut s’y accrocher, vaille que vaille : un sou est un sou.

Qu’un « jeune » se tue dans une « banlieue défavorisée » et la cohorte des bien-pensants et des émeutiers à nouveau s’ébranlera, chacune en son . Croyant rejouer la lutte contre l’apartheid, cherchant l’écho de l’émeute américaine, et se pâmant des accents de Martin Luther King, nos grands esprits s’époumonent dans la singerie d’une réalité qui n’est pas la notre. Qu’importe pour eux que la « banlieue défavorisée » le soit en réalité bien moins que la France profonde. Qu’ils comparent par exemple le prix du m2 à Saint-Denis et celui de Longeau-Percey en Haute Marne. La « banlieue » n’est pas défavorisée, et son « problème » n’est certainement pas financier.

En revanche, lorsque la même force publique est instrumentalisée, privatisée, ou dirigée contre une certaine catégorie de personnes, un certain groupe majoritaire, appelons-le blanc ou chrétien, désignons le provincial, ayant un travail et propriétaire d’une automobile, voici que cela n’émeut plus personne. On l’a vu dans certaines manifestations récemment réprimées, trop françaises. Pour ceux qui pensent déjà au coup d’après, c’était la France d’avant. Le bon Français, le bon père de famille, le bon soldat, le bon chrétien, tout cela n’évoque rien, n’a aucune charge émotive dans l’esprit de l’intelligentsia du boboland. Avec son salaire, sa voiture, son , le petit blanc est devenu la vache à lait du système bobo. À l’inverse des Etats-Unis, en France, le Noir, c’est le Blanc, qui devient peu à peu étranger et esclave en son propre pays.

Par exemple, si un dépositaire de la force publique « se lâche » dans sa vie privée, c’est l’omerta absolue. Tel « officier de de liaison » en poste à l’ambassade de France en Bulgarie a été rappelé ces jours-ci pour être entendu par un juge d’instruction, trois ans après une plainte déposée par un père de famille divorcé victime d’une violente agression de sa part. Marié avec l’ex-femme, ce policier se sentait provoqué par la présence du père des enfants devant son domicile. Malgré la gravité des faits (tentative d’assassinat), malgré des plaintes et condamnations antérieures, le policier a pu obtenir entre temps le poste en ambassade, les primes, l’inscription au lycée français de Sofia et le passeport diplomatique généreusement fournis par l’administration pour les enfants. Depuis, plus aucun contact entre les enfants et leur père. C’est que le policier a rendu quelques menus services au pouvoir : lui est « protégé ». Et en vertu de cela, de son statut et de son grade vénérable, ce policier passera avec « sa famille » (celle de l’autre). Pas d’Amnesty International, pas de belles consciences, pas d’entrefilets dans la presse molle et bien-pensante, ni de « outing » dans la presse à scandale. La « provocation » de ce père de famille attaqué ? Il venait au chevet de sa fille, atteinte d’un cancer.

16 décembre 2014

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