Sur le bateau Estrosi qui prend l’eau, l’ambiance vire au tragique. A quelques encablures de l’iceberg, , président du RC Toulon, tire une dernière cartouche de détresse. “Voter FN, c’est voter Daech” lance l’homme au cerveau ovale. On ne sait jamais, quelqu’un pourrait voir la fusée au loin et venir secourir le maire de Nice sur son radeau de la Méduse.

La cote de « ventre-mou » a beau remonter, dans la tête de l’électeur, voter Daesh serait plutôt voter pour ceux qui ont trouvé stratégique d’envoyer des armes à la rébellion syrienne, mais peu importe. La panique vous fait dire parfois n’importe quoi. Comprenons la détresse du médusé.

Dominant son angoisse, Mourad Boudjellal parvient dans un dernier effort à exposer les tenants et aboutissants de sa déclaration. Un exploit salué comme il se doit par toute la presse sportive. À deux doigts du coup de sifflet final, un rebond inattendu est possible. Les commentateurs exultent. Puis déchantent.

Son argumentation, qui est à la politique ce que le château de cartes est à la tour Montparnasse, tient en deux points (de suture) : 1) L’objectif de Daesh est de diviser les communautés. 2) “Qu’est-ce qui les divisera plus que l’arrivée du Front national ? Si le Front national prend le pouvoir, Daech aura gagné”. CQFD, au revoir et à la prochaine. L’arbitre refuse le point.

Voter pour ceux qui appellent de leurs vœux l’arrivée de migrants parmi lesquels s’infiltrent des terroristes de Daesh est beaucoup mieux selon l’homme à la pensée ovale. S’il n’y avait ce naufrage, nous nous insurgerions contre ce sophisme éhonté… Mais au diable l’indignation et concentrons plutôt nos efforts à fournir au naufragé d’autres moyens de signaler sa présence à l’électeur hésitant. D’ici dimanche, mettons vendredi matin, ne serait-il pas judicieux d’affirmer haut et fort que : « Marion Maréchal Le Pen a des posters de Ben Laden dans sa chambre ». Par exemple. Le votant encore indécis doit être attaqué à l’arme lourde. Voire lourdingue. « Le siège du FN regorge de kalachnikovs ». Autre exemple. Et pour finir de convaincre, l’argument qui peut tout faire basculer… Placardé sur les affiches d’Estrosi : « Voter FN, c’est voter pour moi ». Aux prises avec cet imbroglio infernal, le votant indécis pourrait, dans un moment d’égarement, opter pour Estrosi croyant qu’il vient de choisir le FN… Raisonnement un peu ovale, mais c’est la loi du sport.

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