Une très intéressante correspondance de M. Gérard Gautier, ancien conseiller régional de Bretagne et président du mouvement « Blanc c’est Exprimé » a fait suite à mon article “Aux urnes citoyens”.

Ce mouvement se bat pour que le “” soit reconnu comme étant un suffrage exprimé. Le “vote blanc”, écrit-il, est né en tant qu’expression au cours de la période révolutionnaire. Alors qu’il était séparé, il n’a été assimilé aux votes nuls qu’en 1852 par Napoléon III afin d’empêcher l’expression de l’opposition du moment et du peuple.

L’absence de reconnaissance du “vote blanc” est un déni de l’expression démocratique ! Il est légitime et ceux qui s’y opposent, s’opposent volontairement aux citoyens et à la démocratie. La séparation des “votes blancs” de ceux des “nuls” fut votée le 30 janvier 2003, devant seulement 30 députés. Elle n’a jamais été inscrite en deuxième lecture et est restée lettre morte.

La démocratie a ainsi été confisquée aux citoyens par les politiques et si ces derniers ne sont pas tous pourris, ils sont tous complices. Les citoyens ne reconnaissent plus le professionnalisme de la vie politique, le carriérisme et le corporatisme de ses représentants. Ils s’éloignent devant le climat délétère, mafieux des arcanes du pouvoir et de l’existence de trop nombreuses affaires.

Le 11 décembre 1990, 12 députés socialistes considéraient que la démocratie était en danger et lançaient un appel pour un nouvel humanisme politique : “La démocratie représentative est en danger si l’on en juge par le discrédit de la politique, par la dégénérescence des partis, le déclin du Parlement et l’indifférence croissante des citoyens.”

Ils s’inquiétaient d’une redoutable fracture sociale de la France, de la démocratie qui se dessèche, réduite à des techniques et détournée de ses objectifs : “Il n’est plus possible de regarder ce spectacle de décomposition, d’observer ce bateau qui coule sans que ses passagers en auraient conscience ou souci. Notre devoir est de tenter de réformer ce monde politique auquel nous appartenons. Nous sommes nombreux dans tous les partis à ne plus nous reconnaître dans les pratiques actuelles. C’est pourquoi nous entendons agir : il faut, dans ce contexte nouveau, instaurer une pénalisation financière de l’absentéisme des députés. Réhabiliter la morale politique et les valeurs de la démocratie.”

C’était beau, c’était fort, mais qui étaient ces douze députés socialistes ? François Hollande, Ségolène Royal, Jean-Yves Le Drian, Frédérique Bredin, Alain Vidalies, Jean-Pierre Worms, Jean-Pierre Balligand, Jean-Michel Belorgey, Michel Françaix, Bertrand Gallet, Jean-Yves Le Déaut, Bernard Poignant.

C’était en 1990. Nous sommes en 2015 et ils sont au pouvoir depuis plus de deux ans. Qu’en ont-ils fait, de cette démocratie et de cette volonté qu’ils avaient de la réformer ? Sont-ils passés des discours aux actes ? Certes non.

29 décembre 2014

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