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Editoriaux - Politique - 24 septembre 2016

VosCouleurs ! Initiative bienvenue, mais tardive…

On ne peut que saluer et soutenir l’initiative VosCouleurs ! visant à mobiliser le peuple de droite pour qu’il exige l’union des droites, derrière un candidat et un programme communs, pour porter au pouvoir une majorité de conviction.

Bien sûr, nous avons signé. Et cela fait même des années que, comme beaucoup d’anonymes, nous écrivons, pétitionnons, manifestons, nous engageons, convaincus que l’heure est grave et qu’il est de notre devoir d’agir, de ne plus laisser (mal) faire.

Bien sûr, nous partageons les mêmes constats sur la sclérose des appareils, le carriérisme, le manque de convictions et, souvent, l’incompétence de certains élus de droite, et sur les ravages de la désunion. Notre ville de 25.000 habitants, où Front national et droite « classique » totalisent 60 % des voix, est toujours dirigée par des socialistes, dignes héritiers de M. Cahuzac…

VosCouleurs ! est donc une initiative bienvenue. Une de plus, serait-on tenté de dire. Car elle arrive après bien d’autres « réalisations à contre-pente » : Debout la France, La Manif pour tous, Sens commun, le SIEL, Oz ta droite.

Mais toutes ces initiatives de la droite d’en bas, de la droite « hors les murs » ont, à un moment ou à un autre, buté sur des obstacles majeurs, l’un externe, l’autre interne.

Le premier est la sous-estimation du poids et de l’inertie des appareils, fussent-ils sclérosés et en fin de vie. Comme pour les institutions dont on peut saluer, malgré l’usure et le mauvais usage, la capacité de résistance : les deux blocs FN et LR, même érodés, demeurent incontournables et leur permanence, avec le système des vases communicants, a entraîné l’installation du tripartisme qui permet à la gauche, pourtant ultra-minoritaire, de rester dans le jeu et de préserver certains fiefs.

Mais si les initiatives en faveur de la rénovation et de l’union des droites peinent à se concrétiser, c’est aussi que certaines des figures ou des mouvements qui auraient pu servir de catalyseurs n’ont pas mesuré leurs responsabilités. Que penser de l’attitude de M. de Villiers, qui refuse d’aller à Béziers mais s’affiche tout sourire avec M. Macron ? Du splendide isolement de M. Dupont-Aignan, arc-bouté sur son petit parti coincé entre les deux grands ? Du ralliement de Sens commun à M. Fillon ? De l’incapacité de MM. Poisson, Mariton et Guaino à s’unir et à mobiliser la poignée de parlementaires à partir desquels ils auraient pu prendre d’assaut la primaire, à la façon d’un Donald Trump qui a créé l’inimaginable ? Car la primaire était l’instrument idéal pour mobiliser le peuple de droite sur un programme clair. Il fallait se saisir de cet outil et le détourner!

Mais, désormais, la machine de la primaire – nouvelle institution – est lancée et elle a été cadenassée. La droite de conviction y est et y sera durablement marginalisée par toutes ces occasions manquées. Or, s’il y avait une fenêtre de tir, c’était bien au printemps, au moment d’Oz ta droite. Où étaient VosCouleurs ! à ce moment-là ? Désormais, il est bien tard.

Car pour le peuple de droite, être hors les murs est une chose. Mais être orphelin et ballotté entre trop de parents adoptifs qui ne s’entendent pas et sont incapables de prendre les bonnes décisions pour son avenir, y compris quand les bonnes occasions se présentent, cela n’augure pas d’une croissance sereine de l’enfant.

L’enfant continuera à exiger et à réclamer, mais il risque aussi de demander des comptes à ses parents coupablement absents ou inconséquents au moment de sa crise d’adolescence.

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