Von der Leyen veut réveiller l’épargne des Français : Bruxelles contre les États

Pour Bruxelles, l’épargne européenne dort. Pour les États, elle finance déjà le logement, les collectivités et la dette.
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« L’Europe a de l’épargne. Malheureusement, cette épargne est paresseuse. » Devant le MEDEF, Ursula von der Leyen a trouvé une jolie formule pour parler des 10.000 milliards d’euros d’épargne des ménages européens. Selon la présidente de la Commission, une partie de cet argent doit désormais davantage financer les entreprises européennes.

Derrière la formule, une bataille se dessine : celle de l’utilisation de l’épargne. Et elle oppose Bruxelles aux États.

Bruxelles veut changer la destination de l’épargne

Avec son « Union de l’épargne et des investissements », la Commission européenne cherche à orienter davantage les capitaux privés vers les entreprises, notamment par les marchés financiers et le financement en fonds propres. L’objectif est de rapprocher le modèle européen du modèle américain, davantage tourné vers les marchés.

Interrogé par BV, Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’épargne, nuance toutefois le diagnostic de Bruxelles : « L’argent ne dort pas. » Même sur un compte courant, il permet aux banques de financer des prêts. Et sur un Livret A, il contribue notamment au financement du logement social, de l’État et des collectivités. L’épargne ne sommeille donc pas : elle a déjà une utilité économique.

Les États ont, eux aussi, besoin de cet argent

C’est là que le discours européen se heurte à une contradiction de taille. Les États ont eux-mêmes besoin de l’épargne de leurs citoyens. D’un côté, Bruxelles voudrait davantage de capitaux pour les entreprises européennes. De l’autre, les États ont besoin de cette même épargne pour financer leurs politiques publiques. « À la fois, on a beaucoup d’épargne et, à la fois, on n’en a pas assez », résume Philippe Crevel. L’économiste estime que la direction du Trésor est ainsi « prise entre deux feux ».

La Commission regarde donc les milliards des épargnants comme une réserve de financement pour la compétitivité européenne, quand les États les considèrent déjà comme une ressource indispensable à leur économie. La bataille n’est pas celle d’une confiscation, c’est celle de la destination de l’argent.

L’épargnant reste maître de son portefeuille

Soyons précis : il n’est pas question, à ce stade, que Bruxelles puisse venir prélever l’épargne des Français. Philippe Crevel parle d’« incantation et d’incitation ». Les pouvoirs publics peuvent favoriser certains placements par la fiscalité, mais une orientation autoritaire n’existe pas aujourd’hui. Elle serait même contre-productive. Lorsque le gouvernement français avait voulu orienter l’épargne vers la défense, trois Français sur quatre s’y étaient opposés, selon une étude du Cercle de l’épargne. Les épargnants veulent choisir l’affectation de leur argent.

Ils arbitrent selon trois critères : sécurité, rendement, liquidité. Si Bruxelles veut que les Européens investissent davantage dans les entreprises de l'Union, il lui reste donc une méthode assez simple : rendre ces placements suffisamment attractifs pour que les épargnants les choisissent.

Bruxelles peut-elle décider à la place des Français ?

Le sujet est finalement politique. Qui doit décider de l’affectation de l’épargne : celui qui l’a constituée, l’État qui doit financer ses missions ou Bruxelles qui cherche des capitaux pour ses entreprises ? La Commission veut un marché européen des capitaux plus intégré, mais se heurte aux réglementations et aux intérêts nationaux. La France semble favorable à cette intégration tout en ayant intérêt à conserver une partie de son épargne pour financer ses propres besoins. Philippe Crevel souligne d’ailleurs que les États peuvent avoir des objectifs contradictoires avec Bruxelles.

Ursula von der Leyen voit une épargne « paresseuse ». Les États, eux, voient surtout une épargne déjà très sollicitée. Quant aux Français, ils voient quelque chose de plus simple : leur argent. Et jusqu’à preuve du contraire, ils entendent encore décider eux-mêmes de l’endroit où ils le placent.

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

105 commentaires

  1. désolée mais c’est du blablabla
    il suffit que l’état décide que tout ce qui dépasse X milliers d’euros sur un compte épargne va à l’état et c’est plié
    il suffit que l’état décide que toute assurance vie qui dépasse X milliers d’euros, le dépassement soit prélévé
    il suffir que l’état décide (type import sur la fortune) que tous les contrats d’assurance vie d’une même personne ou d’un même foyer qui dépasse X milliers d’euros soient taxés chaque année
    exactement tout ce que mélenchon veut faire !

  2. Il est grand temps , un peu tard, de s’indigner lorsqu’on n’a pas réagi lorsque Sarko nous a trahis avec le trait de Lisbonne en 2008 !!!
    A voir ce que fera le gouvernement islandais après que la majorité des votants aient dit NON à l’Europe de Bruxelles

  3. Manquerait plus que ça, que la VDL se mêle de nos économies et de nos affaires privées !!! Frexit…! Frexit…! Frexit…!

  4. Décidément cette épargne des Français, les rend fous, ils lorgnent dessus la bave aux lèvres
    Mais cette épargne, qui est le fruit du travail, déjà taxée, ayant subi des cotisations , est pour les Français une solution pour des « coups durs », ou pour acheter quelque chose de conséquent ou pour partir en vacances, ou pour donner plus tard à leurs enfants, cette épargne n’appartient qu’aux Français
    Et la taxer de paresseuse, alors que c’est le fruit du travail, il faut être gonflé quand même
    Décidément cette UE et cette VDL, sont vraiment contre nous, et veulent nous appauvrir un peu plus

    • vous oubliez….pour, peut être payer, un EPADH !!!! car dès que vous avez 3 francs six sous de côté, pas droit aux EPADH publiques !

      • Oui Monic, mais il y a tant de raison pour épargner et celle ci en est une solide, pour éviter aux enfants de payer pour vous.
        Enfin nous avons compris qu’ils lorgnent sur notre épargne ET sur les héritages aussi, de vrais rapaces

  5. Si réveiller l’épargne des Français est pour continuer de combler la gabegie générale, autant qu’elle continue de dormir !

  6. Elle est toujours en place, malgré les casseroles assourdissantes qu’elle traîne ? Indévissable ? Faut épargner ? Taxes partout et à tout niveaux ! L’EU nous promettait la prospérité, nous nous sommes appauvris ! Elle nous promettait la paix, elle promotionne la guerre ! Immigration de remplacement, insécurité en hausse ! Echec total !

    • Attendons que Macron 1er prenne sa place ! De quoi s’inquiéter, car il serait capable de postuler à ce poste, vu son amour pour l’Europe !

  7. Y’a comme un problème dans le titre de l’article.
    Si on écoute bien le discours de Vkn der Leyen, elle ne veut pas « réveiller » l’épargne des français…
    Elle veut la « pillier » nuance !…

  8. Elle a vraiment le don de se faire détester dans toutes ses initiatives !! On va la supporter combien de temps encore ??

  9. Avec UVDL je ne rêve que d’une chose , qu’elle se taise quand elle parle ! Avec la complicité de celui qui veut être calife à la place du calife , Mack Rond , elle aura consciencieusement détruit la souveraineté de la France et imposé une Europe qui n’existe pas. Allez ne perdons pas courage , en 2029 elle ne pourra pas se représenter.

  10. Le MEDEF complice de la désindustrialisation et de la concurrence européiste et mondialiste dont Van der Leyen est la promotrice et Macron l’adjoint ? Pourquoi pas ? Car si la France a sombré, les politiciens n’en sont pas les seuls responsables.

  11. Les socialistes ont une idée géniale pour dissuader les Français d’investir dans l’économie : interdire aux entreprises qui ne s’engageraient pas dans la transition écologique (LOL) de verser des dividendes.

    • ce sont les salriés qui vont être contents !!!!!! ceux, pour beauoup d’entre eux qui ont justement des actions dans leurs propres entreprises….vous savez ceux qui sont syndiqués, donc à gauche……

  12. Elle ne doute de rien celle là, elle nous prend pour des quiches ! Piquer notre pognon après avoir fait n’importe quoi sans être élue par les peuples européens, va te faire voir !!!

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