Editoriaux - Histoire - Industrie - 24 septembre 2015

Volkswagen : et si on arrêtait avec ce foutu “modèle allemand” ?

Beaucoup de monde, aujourd’hui, s’accorde pour admettre que le capitalisme est une immense maladie pestilentielle. Que peut-il, en effet, sortir de bon d’un système qui a pour seul objectif le profit, c’est-à-dire l’argent ? Le pape François lui-même ne parle-t-il pas, pour le qualifier, de “fumier du diable” ?

Mais il est des nations qui, par leur mentalité propre, sont plus portées que d’autres à en être les filles chéries. La première d’entre elles, c’est bien sûr les États-Unis : ça a commencé avec les “barons voleurs” et ça se poursuit aujourd’hui, par exemple, avec la NRA, le lobby des armes. Le capitalisme français, il est vrai, n’a pas non plus les mains très propres : qu’on se rappelle, par exemple, les laboratoires Servier et leur trop célèbre Mediator. Mais s’il n’y avait que cette entreprise…

En seconde position vient, bien sûr, l’Allemagne. La puissance industrielle de ce pays a grossi après le versement par la France, vaincue en 1871, de 5 milliards en trois ans. Et puis… on arrive très vite à Volkswagen. Mais avant sa tricherie sur les normes antipollution révélée lundi, il y a toute l’histoire de ce constructeur automobile. Dèjà, dès le départ, Volkswagen est une immense escroquerie organisée par Hitler sur le dos des ouvriers de la firme. Pendant tout le IIIe Reich, aucun salarié ne bénéficiera de la tendre “coccinelle” rêvée, malgré les dizaines de millions de marks versés. Puis, quand arrivera la guerre, la grande entreprise de Fallersleben se mettra à produire des articles… pour l’armée. Justement, la guerre pour l’industrie allemande fut une affaire des plus juteuses parce qu’elle bénéficia de la main-d’œuvre gratuite et faite des esclaves que lui fournissait la Wehrmacht victorieuse.

Lorsque l’Allemagne adopte, en 2004, les réformes Hartz ultralibérales, inspirées par… le directeur du personnel de Volkswagen (tiens !), peu lui a importé qu’elles aboutiraient à une montée de la pauvreté et des inégalités et… qu’elles seraient, pour ses voisins restés socio-démocrates, une forme de concurrence déloyale. Cette remarque permet d’ailleurs, au passage, de se demander à quoi sert donc ce grand ventre mou qu’est l’Europe si chacun, de son côté, peut faire sa petite cuisine ? Bref, l’Allemagne n’a que faire de ses “partenaires”, elle passe toujours en force, conformément à ses intérêts. C’est cela, en fait, le “modèle allemand”.

Osons, alors, espérer que nos politiciens vont maintenant cesser de nous importuner avec leurs références quotidiennes à ce foutu modèle allemand. Je ne pense pas qu’on va voir de si tôt la belle Claudia Schiffer oser nous dire : “C’est une Allemande !” Notons, au passage, que notre ministre des Finances a demandé à l’Europe de vérifier si d’autres constructeurs automobiles n’auraient pas, eux aussi, agi comme Volkswagen.

Voilà un ministre qui a la fibre nationale particulière puisqu’il n’hésite pas, finalement, à exposer Peugeot et Renault (mais allez donc savoir si…) et qui connaît, au fond de lui, la nature du capitalisme. Il est vrai qu’on peut dire, à sa décharge, que Peugeot et Renault, aujourd’hui, ne sont plus totalement françaises, conformément aux règles propres de ce même capitalisme qui n’a que faire de la nation. Mais quand donc les peuples vont-ils se réveiller et remplacer ce système par quelque chose, disons, d’un peu plus honnête et moral ? Je n’irai pas jusqu’à dire fraternel, bien sûr !

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