Près de 1 200 véhicules ont été incendiés à la Saint-Sylvestre. 1 193 exactement. Malgré la présence de quelque 53 000 policiers et gendarmes. Le dernier chiffre connu pour ce de méfaits remontait à 2009 : cette année-là, 1 147 carcasses avaient été retrouvées calcinées. Depuis, les prédécesseurs de Manuel Valls avaient décidé de ne plus rendre publics ces chiffres afin d’« éviter toute surenchère ou compétition entre villes ».

Je ne sais pas s’il convient, comme l’affirme le ministre de l’Intérieur, de « ne rien cacher » aux Français. Je ne sais pas si la méthode est la bonne. Je n’ai aucune envie de polémiquer : le premier flic de me semble de bonne foi. S’il y a un procès à faire, ce n’est sûrement pas le sien. Mais celui des voyous et des escrocs à l’assurance. Particulièrement nombreux en – j’ai la faiblesse de vous avouer que cela ne m’étonne guère… – mais aussi en Alsace, ce qui est plus mystérieux à mes yeux.

Manuel Valls parle, à propos de ces joyeux divertissements – au préjudice, presque toujours, des moins fortunés de nos concitoyens, mais à quoi bon le rappeler aux abrutis qui manient ce soir-là des chiffons imbibés d’essence —, notre ministre parle donc de « tradition » très urbaine : seuls 77 sinistres ont été recensés en zone de gendarmerie, qui couvre pourtant plus de 90 % du territoire.

Une « tradition » qu’il juge, évidemment « intolérable ». Une « tradition » qui m’en rappelle d’autres. Plus pacifiques, plus conviviales – encore qu’on doit bien pouvoir mettre le feu en bande et en fanfare à la bagnole de son voisin… – plus « rurales » aussi. Je ne pense pas aux feux de la Saint-Jean : déjà, dans ma prime – qui ne remonte pas aux années 50 ou 60 – ils n’étaient plus qu’un souvenir. Non, j’ai en tête ces feux de camp de mes années scoutes. Et les chants qui vont avec : « Monte flamme légère. Feu de camp si chaud, si bon. Dans la plaine ou la clairière, monte encore et monte donc… »

Tout cela fait un peu désuet, j’en conviens. Pas très , pas très funk. Dans le 9.3, on préfère la capuche au béret, le « survêt » Adidas (de préférence « du cul du camion ») à la jupe culotte. Mais peut-être que si on envoyait tout ce petit monde dans des troupes, compagnies, meutes et autres rondes, sous les ordres de chefs ou de cheftaines à l’esprit plus charpenté…

Autre solution : on pourrait, comme le proposait Alphonse Allais, « construire les villes à la car l’air y est plus pur ». Encore qu’ils seraient capables de nous l’empester avec leurs odeurs d’essence…

2 janvier 2013

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