Il est des Venise qui ont l’apparence d’homme. Humide, vieille et odorante, un peu sale sur les bords, mais charmante et parfois troublante. On peut en tomber amoureux comme on peut la fuir à jamais. , le jeune loup de l’, en est parfois l’incarnation la plus triste, celle où la lagune des pensées moisies va se brancher dans l’abjection du paraître vide. Dans l’âme de ce jeune premier tout frais sorti du cercueil, point de gondoles à l’horizon. À la limite, une tête de gondole, la sienne.

Le personnage est gourmandise pour l’historien du futur proche. Caricature vivante dont les esprits les plus tordus oseraient à peine rêver, Geoffroy Didier plante ses dents longues dans le parquet médiatique de nos vies. Sur les plateaux comme dans son salon, l’impétrant nargue le populo de sa morgue magistrale. Le insupportable du fils de notaire qu’on rencontre au tennis club, et qu’on doit se retenir de smasher en pleine face au filet. Aussi subtil qu’un termite dans un placard, depuis des années il creuse son trou dans un paysage droitier dévoré par les galeries. La , il l’aime tellement qu’il en a fait la « moite forte » avec son copinou dont j’oublie le nom – vous savez, la grande tige mille fois ex de quelque chose.

Le petit prince Geoffroy Didier a eu son quart d’heure de gloire dimanche dernier sur BFM. On a les Versailles qu’on mérite ! Alors qu’une trentaine de responsables politiques invités par la chaîne avaient refusé de débattre avec la peu commode , notre chevalier blanc et gominé releva le gant Mapa en bas du lave-vaisselle. Le mignon gredin joua derechef son rôle à la perfection, pourfendant sans , de sa voix si coquette, la terrible blonde. Certes, à plusieurs reprises, il fit s’esclaffer le public, mais pourquoi pas, Geoffroy étant passé maître dans l’humour involontaire. Sa voix et le ton qu’il utilise feraient passer Claude Askolovitch pour un modeste.

Chez le roquet libéral, presque imbu de sa coiffure, l’arrogance devient son, et traverse sa bouche avec la régularité d’un violon baroque. C’est l’UMP sublimée, la grandeur des médiocres, le fabuleux sorcier des promesses non tenues, celui qui n’a pas honte de plonger dans la tambouille du mensonge, la réduite à l’atome, le discours low cost des bourgeois repus. Il défend l’euro comme si c’était sa pauvre mère, il vénère son propre pincement de lèvre en songeant à une suppression de Schengen. Quand il lit ses notes où il pointe l’absentéisme de la présidente du , on a l’impression du déjà-vu, déjà entendu, mais on en jouit secrètement. Le garçon sait nous faire revivre les vapeurs exquises des années Giscard, la vulgarité sarkophile en plus.

Comment donner la meilleure description de cet être hors norme qui en sait plus que mille ans de philosophie ? Nous dirons que c’est un Aymeric Caron cloné pour la droite d’argent. Quand on voit le résultat, l’opération n’a pas dû coûter cher…

14 mai 2014

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