est-il le mauvais garçon de la planète ? La vieille taupe de l’histoire lui donne-t-elle le droit de remodeler les frontières russes ? Ou bien le droit international va-t-il se faire respecter, et par quels moyens ?

On voit bien que rien ne pourrait arrêter Poutine, qui a pour lui la tradition et l’histoire impériale, puis soviétique, les Russes implantés en Ukraine, les russophones de toutes origines, le délabrement sans doute organisé (par l’ancien grand frère russe) de l’armée ukrainienne, l’orgueil au contraire de l’armée russe, etc.

Tradition, poids de l’histoire, activés par tous les facteurs de terrain, pourraient conduire au remodelage dont rêve sans doute Poutine : ce ne serait pas le premier partage, et de l’Ukraine, et de la Pologne, et des pays baltes, et de quelques autres restes des empires qu’on disait « centraux » au XIXe siècle et jusqu’en 1918. Mais ne s’est-il rien passé sur la planète depuis cette date et les suivantes ?

Si l’on considère que le droit des nations indépendantes à l’existence dans des frontières reconnues est garanti par l’usage et la communauté internationale, alors il conviendrait de contraindre les appétits de Vladimir.

Comment ? La guerre ? C’est une hypothèse. Il faut bien, de temps à autre, purger le sang du grand corps malade. Mais cette fois, un conflit armé – façon 1866, 1914-18 ou dépeçage récent de la Yougoslavie – pourrait déraper en épisode nucléaire.

Donc, si l’on est d’accord pour éviter un désastre (comment et où finirait-il ? Qui éteindrait la lumière en appuyant sur le dernier bouton ?), alors il convient d’envisager des sanctions lourdes contre la . De l’avis des spécialistes, la a plus besoin, pour sa croissance, de l’ occidentale que celle-ci de la . Les réserves de gaz et de pétrole dont « nous » disposons permettraient, paraît-il, de frapper la à la caisse en boycottant ses matières premières.

Est-ce à ces sanctions, même unilatérales, que pense François Hollande ? Le Président serait-il meilleur à l’international que dans la gestion de sa popularité ? C’est un bon point. Sans doute faudrait-il se préparer à ce type d’affrontement économique et politique. Sinon, l’exemple d’une Russie prédatrice impunie à ses frontières se répandrait sur la planète. Vous allez me dire que la scène se rejoue depuis l’origine des frontières. Certes. Mais est-on prêt à la guerre, la vraie ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit, fatalement.

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