Vive le volontarisme industriel !

Le Premier ministre du Royaume-Uni veut profiter du Brexit pour réindustrialiser son pays.

Theresa May souhaite, en effet, prendre le contre-pied de la politique menée par ses prédécesseurs depuis plusieurs années. Car, si elle ne compte pas renoncer au libre-échange avec les autres pays du globe, il n’en reste pas moins qu’elle affiche la volonté que l’État intervienne avec force en faveur de l’industrie.

Theresa May semble avoir compris quelque chose d’absolument essentiel, à savoir que l’objectif d’une économie nationale ne doit pas être de créer des travailleurs pauvres en cherchant à continuellement réduire les coûts de production, ni même de réduire les marges de ses entreprises, mais plutôt d’inventer des produits ayant une plus forte valeur ajoutée. Voilà comment on prospère dans la mondialisation !

Ce tournant dans la politique économique de la Grande-Bretagne, qui conduira à ce que l’État investisse massivement dans l’économie nationale, n’est pas sans rappeler ce qui fut fait par le travailliste Tony Blair au début des années 2000, qui avait combiné effort de productivité dans les administrations et politique de relance spécifiquement keynésienne, avec le résultat que l’on sait (2,9 % de croissance en 2006).

La position prise par madame May doit permettre de prendre conscience de deux choses absolument primordiales.

D’abord, le fait que, contrairement à ce qui est faussement répandu par les partisans de l’Europe fédérale, la sortie de l’Union européenne n’est en rien synonyme de repli sur soi. Ce serait, tout au contraire, une véritable bouffée d’oxygène pour notre économie totalement asphyxiée par l’idéologie passéiste défendue par Bruxelles, celle de la « concurrence libre et non faussée », car on pourrait alors avoir une véritable politique protectionniste et interventionniste. Bref, on pourrait faire ce que font tous nos concurrents et, ainsi, réindustrialiser la France.

Ensuite, et surtout, le fait que nous pouvons prendre la décision de ne plus subir la tutelle du marché et de cette Europe du nivellement par le bas ! Il peut parfaitement y avoir un avenir en dehors de l’Europe de Bruxelles. Il suffit de le vouloir.

Le rôle de l’État est de veiller aux intérêts économiques de la nation, de permettre aux entreprises de se développer pour, ensuite, pouvoir embaucher. À quand le retour, en France aussi, d’un État stratège qui adopterait, par exemple, comme l’ont fait les USA, des législations anti-OPA ? Un État stratège qui investirait massivement dans les domaines où la France est en retard, et notamment la recherche ? Bref, à quand le retour du volontarisme industriel en France aussi ?

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