Discours - Editoriaux - Télévision - 27 novembre 2013

Vive les putes ! À bas la télé !

Tous les spécialistes de la petite enfance sont au moins d’accord sur un point : la télévision a des conséquences désastreuses sur l’enfant en bas âge (altération du développement intellectuel, risques de surpoids, agressivité exacerbée…). Un vrai best of ! Utilisée comme anesthésiant, la télé présente en revanche tous les avantages pour les parents : dessin animé ou compte rendu de l’Assemblée nationale, quel que soit le spectacle diffusé, le petit enfant regarde et fout la paix. Une paix royale. Face à l’écran, il ingurgite les épinards mal cuits, cesse de brailler, n’exige plus rien, ne tire plus les cheveux de sa grande sœur… Rien que du bonheur là, dis donc !

Un tiers des enfants de moins de trois ans mangent devant un écran, nous apprend une étude récente. Trop absorbé par le discours de Jean-Marc Ayrault, monsieur bébé avale tout ce qui se présente. Pas le temps de se consacrer à ces petites choses mesquines de la vie quotidienne alors qu’une remise à plat de l’impôt est en jeu !

Plus tard, bébé devenu gros continuera d’avaler toutes les mixtures passant à portée de son cerveau conditionné. Tous les culs bénis de la pensée obligatoire, les ficelles les plus énormes, les impostures les plus éhontées franchiront sans problème le filtre à gros trous de son esprit ravagé par quarante ans d’écran intensif. Quarante ans d’hypnose où, dès le plus jeune âge, personne ne lui aura appris à faire le tri, peser le pour et le contre, distinguer, reconnaître, admirer, rejeter… Juste une purée visuelle et sonore dont le rôle aura été réduit à des vertus d’assagissement physique et intellectuel.

La cigarette électronique bientôt interdite dans les lieux publics alors que, dans le même temps, il n’est plus de bars, brasseries, salles d’attente, couloirs de métro et même marchés couvertse sans écran télé. L’outil de destruction massive de lien social envahit l’espace public sans que les moralistes bouche-en-cœur n’y trouvent à redire. De l’écran à fond les manettes, des images à satiété, de l’overdose de zapping, le tout sans fumée, sans alcool, sans putes, sans rien que deux yeux et une bouche grand ouverts pour ingurgiter tout ce qui se présente… Placé devant la télé, le peuple fout la paix. Lui aussi.

À lire aussi

Ségolène Royal, la diva des pôles, aurait-elle dérapé sur le budget ?

Les multiples clichés de ses activités relayés de manière intensive sur Twitter et Interne…