Editoriaux - Politique - Table - 11 octobre 2016

Vive le copinage au ministère de l’Éducation nationale !

Dans le dernier numéro du Point, Sophie Coignard dénonce une politique de nominations de Mme Najat Vallaud-Belkacem qui a plus à voir avec la servilité à son égard qu’avec la compétence. Ainsi Philippe Watrelot, ancien dirigeant d’une revue pédagogiste dont le plus grand mérite est d’être un soutien aussi indéfectible qu’isolé à la réforme du collège du ministricule, vient d’être nommé président du Conseil National de l’Innovation pour la Réussite Éducative (CNIRE). Majuscules de rigueur pour un intitulé aussi vide de sens que les élucubrations pédagogistes que ce comité Théodule est censé promouvoir.

La journaliste révèle aussi que le prestigieux et important poste de doyen de l’Inspection générale resterait vacant pour pouvoir le refiler à la directrice générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), Mme Robine, l’Eliot Ness de la prohibition de tout savoir objectif dans l’enseignement. Elle pourrait y être nommée avant la débâcle annoncée de mai prochain. Et ainsi pouvoir nuire au successeur du ministre.

Le recasage des copains et des féaux est, certes, une pratique détestable. Mais à vrai dire, cela ne détonne pas de la pratique générale du ministère de l’Éducation nationale. Voulez-vous les Palmes académiques ? Mieux vaut être secrétaire de l’inspecteur d’académie que professeur au fin fond du département. Voulez-vous voir votre carrière progresser plus rapidement ? Mieux vaut apporter son aide à votre inspecteur qu’aux élèves. C’est que, pour être bien vu, il faut d’abord être vu.

Mais on le sait, ce n’est pas que le ministère de l’Éducation nationale qui est touché par ce prurit de la promotion par la flagornerie et le copinage. C’est l’État tout entier qui s’y épuise.

Une qualité de la République a été de promouvoir le mérite plutôt que la naissance, le népotisme ou la courtisanerie pour l’attribution des fonctions publiques. L’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen précise que l’accès des citoyens aux places et emplois publics ne doit se faire que “selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents”. Cette méritocratie retrouvait le sens ancien de ce qu’est l’aristocratie. En la reniant, elle devient une oligarchie qui nuit au bien commun.

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