[VIVE LA FRANCE] Génération Léon

Une semaine en France, deux salles, deux ambiances...
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Une semaine en France, deux salles, deux ambiances. Comme si la « parenthèse enchantée » vécue lors de la venue du pape Léon XIV s’était déjà bien (trop) vite refermée. La paix et la joie qui flottaient dans notre pays, dans les rues, le métro, sur les chaînes d’info autant que sur les réseaux sociaux, ont laissé place à la violence et au chaos. Si bien que plusieurs, à l’instar de Charles Aslangul, maire de Bry-sur-Marne (94), ont exhorté le successeur de Pierre à revenir !

Parce que cette visite apostolique aura marqué durablement les jeunes qui ont eu la chance de croiser la route du Saint-Père, et pour ne désespérer à la vue de cette génération du vide qui a bloqué et saccagé ses lycées, rembobinons jusqu’à cette mémorable veillée du Stade de France. Rencontre avec une jeunesse qui s’engage.

« Du courage et de l'espoir »

Une jeunesse confrontée aux mêmes inquiétudes de son époque, ne nous leurrons pas, mais qui les porte avec foi, espérance et charité. C’est le cas de Jacques, étudiant de 23 ans. Par nos soins contacté, ce futur ingénieur témoigne : « J’avais tendance à penser que toutes ces crises allaient nous faire traverser une période assez noire. Cette veillée m’a vraiment redonné du courage et de l’espoir. » Parce que, pour lui, « c’était une évidence » de participer à cette soirée à Saint-Denis, il en a profité pour se mettre au service de l’organisation en tant que bénévole. « J'étais dans la fosse, c'est-à-dire sur la pelouse du Stade de France, et nous devions, avec un petit groupe, nous assurer qu'il n'y ait pas de débordement de personnes en dehors des zones prévues, qu'il n'y ait personne sur les chemins pour que cela reste fluide, nous explique-t-il. C'était exceptionnel ! Alors, enfin, j'ai presque envie de dire que le début de la veillée était presque anecdotique, comparé à ce qui est arrivé après la venue du pape. » Ferveur intense, communion, réveil des consciences... les mots choisis par Jacques révèlent l’intensité de ce qu'il a vécu intérieurement. « À partir de cette veillée, nous avons compris qu’il fallait commencer dès maintenant, dans la vie de tous les jours, à vivre comme des saints, comme de vrais chrétiens et, bien sûr, nous engager selon la petite voie de sainte Thérèse de Lisieux qui a été citée pendant cette veillée. »

Loïc a 17 ans. Lui s’est engagé un peu à la dernière minute, « mon histoire est improbable ! », s'en amuse-t-il, si bien que le jour des répétitions, il n’avait pas vraiment de rôle. S’il ne cache pas sa déception sur le moment, il ne sait pas encore ce qui l’attend. Le soir-même, l’acteur qui devait jouer le rôle de Saint Louis est absent. « Il a fallu le remplacer et j'étais le dernier acteur qui était libre », témoigne très simplement cet étudiant de 17 ans, ému d’avoir incarné son saint patron. « C’est un grand saint de France et c'est vrai que cela fait grand plaisir de le représenter ! » Si, dans son IUT, il évoque assez peu sa foi, parce que « c’est très tourné laïcité », lui aussi se dit très marqué par cette rencontre avec autant de jeunes. De cette soirée, il retient que « France rime avec espérance ».

Pour Benoît, 28 ans, engagé dans la chorale, « le répertoire était riche et le défi de taille. Ce n’est pas tous les jours que l'on fait un Stade de France !, sourit-il, soulignant la beauté des polyphonies. » D’abord « sceptique » par « peur » que des chants tels que le Christus vincit ou le Salve Regina ne soient pas « adaptés à un stade », ce commercial reconnaît avoir ressenti « un frisson ». Alors que certains ont critiqué le spectacle, le trouvant « bas de gamme », lui botte en touche : « Je pense qu’ils se trompent. Notre Histoire est belle, elle se vit, nous avons ressenti la même fierté que nos ancêtres lors des batailles de Patay ou de Bouvines ! »

Le Saint-Père a encouragé cette génération : « Vous êtes les saints de France. » Message reçu par Jacques, qui conclut, enthousiaste : « J'ai bien entendu, je vais essayer de vivre selon les mots du pape, c'est-à-dire chercher à devenir un saint. »

Une soirée historique qui aura réveillé les consciences d'une partie de cette génération, d'une minorité peut-être, mais bien loin des poubelles brûlées, et le cœur enflammé par un réel désir de sainteté. Et Benoît XVI le promettait, « ce sont les minorités créatives qui déterminent l'avenir »...

 

 

 

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Iris Bridier
Journaliste

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