Editoriaux - Histoire - International - Presse - Table - 27 novembre 2016

Vive Cuba… libre !

On nous a annoncé le décès de Fidel Castro vendredi ; pour sa disparition, on ne sait pas si elle a eu lieu hier ou avant, si on se fie à la tradition des monarques communistes.

Le procès de béatification étant en cours, le propos est de remettre quelques pendules à l’heure.

Cuba ! Un territoire unique sur le continent américain. C’est ici que Christophe Colomb a accosté en 1492, ce qui lui a valu d’être le découvreur de l’Amérique, bien que le nom vienne de son successeur, Amerigo Vespucci.

Pour résumer l’histoire de Cuba, il suffirait de dire : quatre siècles de prospérité, un demi-siècle des frères Castro.

Un climat béni des dieux, une situation exceptionnelle, des potentialités admirables, une localisation idéale, un relief approprié ont permis – nonobstant l’exploitation d’êtres humains, jusqu’au milieu du XIXe siècle – de développer une économie remarquable que les frères Castro, plus destructeurs que toutes les plaies d’Égypte réunies, ont massacrée en moins de dix ans avec la complicité d’un malade mental argentin, le docteur Ernesto « Che » Guevara.

Mais quelles mouches ont piqué ces fils de bonne famille, bien élevés, correctement instruits, pour qu’ils viennent flanquer le bazar dans ce pauvre pays, façon Docteur Jivago dans les Caraïbes. On constate que les révolutions sont, en général, le fait de petits bourgeois, enfants gâtés, qui veulent refaire le monde et parviennent seulement à le démolir.

Au début, il est sympa, le Fidel. Il s’insurge contre le Yankee, qui a décidé, depuis la prohibition, de transformer l’île – du moins La Havane – en un gigantesque lupanar à ciel ouvert avec la Mafia comme syndic. Vu sous cet angle, on adhère avec enthousiasme à la lutte contre l’impérialisme du roi dollar.

Mais le succès des frères Castro et de leur toubib (sortes de Huns tropicaux mal fagotés) est aussi dû à l’absence de résistance de leurs opposants : attaque désastreuse d’une caserne en 1953, qui leur vaudra l’exil ; débarquement en 1956 qui, techniquement, ressemble à un naufrage ; prise de La Havane en 1959, aidée par les désertions de l’armée régulière et, surtout, par le fait que Batista a fait ses valises en les remplissant, d’ailleurs, préalablement de quelques dizaines de millions de dollars.

C’est alors l’épuration au cours de laquelle les massacres systématiques permettent d’asseoir une légitimité incontestable. Dame, quand il n’y a plus d’opposants, c’est plus simple !

Les abrutis qui se pressent sur le pont Alexandre-III pour l’hommage au père Fidel sont les mêmes qui vilipendent Bachar el-Assad, au passage…

Les événements ont continué à favoriser Fidel. La baie des Cochons, où les Américains croyaient avoir du génie alors qu’ils auraient dû simplement envoyer le génie, et la crise des missiles ont permis aux frères de continuer leur œuvre de libération. Aujourd’hui, les onze millions d’habitants sont tous pauvres : bel exemple de réussite d’une révolution – tous au même niveau ! Les vaches sont tellement efflanquées qu’on les prend pour des rangements à CD et les chiens errants semblent sortir des films de Sergio Leone…

Il faudra deux ou trois générations pour réparer les dégâts qui n’ont pas été causés par le blocus américain.

Si l’on consolide le chiffre d’affaires mondial de la vente de T-shirts à l’effigie du « Che » ou de Fidel, achetés par des fils de bourgeois, gauchistes attardés et autres bobos, le chiffre sera probablement des dizaines de fois supérieur au PIB du pays, mais il n’y parviendra jamais. Et ça, c’est aussi écœurant !

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