Un couple ami (hétéro) envisage de se marier début novembre à la mairie du XVe arrondissement de Paris. Il se trouve que les futurs tourtereaux séjournent actuellement à l’étranger d’où ils comptent organiser leurs épousailles. Et réunir à cette occasion parents et amis disséminés aux quatre coins de l’Europe. Ils ont donc appelé téléphoniquement le bureau des mariages du XVe arrondissement, domicile de la future mariée, pour convenir d’une date qu’ils souhaitaient fixer au samedi 2 novembre. Que n’ont-ils dit là ! Réponse du préposé : « Mais vous n’y songez pas, cher monsieur, vous ne pouvez rien organiser du tout, c’est nous qui fixerons la date quand vous vous présenterez dans nos bureaux, au moins un mois et demi avant la date souhaitée, aucune option n’est possible. » Et le futur marié d’expliquer que tous les papiers étaient réunis, qu’il était prêt à envoyer les photocopies en attendant d’en présenter les originaux fin octobre lorsqu’il se présenterait avec sa promise devant la préposée du bureau des mariages. Rien n’y fit, l’intraitable factotum ne voulut rien savoir, suggérant même d’aller se marier ailleurs si cela ne convenait pas…

Qu’à cela ne tienne, ailleurs ou plutôt autrement... L’espiègle future épouse rappelle le même bureau de la mairie parisienne et, sur un ton enjoué, cherche à se renseigner sur une date pour un… mariage gay que son amie et elle comptent organiser le 28 septembre ou le samedi d’après… Comme par enchantement, des créneaux horaires lui sont proposés presque immédiatement pour les deux dates et le dépôt du dossier peut même, exceptionnellement, se réduire à un mois.

Il est vrai qu’à Montpellier, on a fait mieux : validée le 17 mai par le Conseil constitutionnel, la loi légalisant le mariage gay a permis, dès le 29 du même mois, au premier couple homo de convoler en justes noces. Certes, la loi précise que, en théorie, tout mariage peut être célébré 10 jours pleins après la publication des bans, il suffit pour cela que votre mairie y mette un peu de bonne volonté. Le maire de Strasbourg avait lui aussi accéléré le dossier de deux de ses administrés qu’il a unis le jour de la strasbourgeoise, le 15 juin 2013, soit moins d’un mois après la promulgation de la loi.

Les hétéros, en revanche, peuvent toujours aller se rhabiller et il n’est pas rare que, dans certaines municipalités, le délai d’attente dépasse trois mois. Il faut dans ce cas fournir de nouvelles copies d'acte de naissance, plus récentes. Encore un mot : les Français peuvent également se marier avec un ressortissant étranger de même sexe. En outre (merci, Mme Taubira), deux ressortissants étrangers peuvent dorénavant se marier en France, même dans le cas où le pays d’origine du ou des futurs époux n’autorise pas le mariage entre personnes de même sexe. C’est notamment le cas du Maroc, où l’on a inventé une nouvelle forme de regroupement familial, si j’en juge par cette réflexion d’une Marocaine publiée sur le site Bladi.net : « Salam à tous ! Vous pensez qu'on pourra faire venir des gens du bled avec le mariage gay ? Par exemple, je veux faire venir ma cousine, je me marie avec elle et voilà, pas besoin de trouver un homme… » La boîte de Pandore est ouverte….

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22 août 2013

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