[VISITE PAPALE] Le retour en grâce de la dignité et de la beauté
Le voyage du pape en France a été marqué par plusieurs discours qui ont retenu l’attention. Au-delà de ce qui s’est dit compte ce qui s’est fait, et dans quel esprit : les signes extérieurs. Cela a commencé dès le spectacle du vendredi soir au Stade de France où la jeunesse s’est rassemblée autour du souverain pontife. La scénographie de ce « magnifique tableau de foi et d’histoire », écrit Yves-Marie Sévillia, a lavé l’affront de l’ouverture des Jeux olympiques où la laideur était mise en avant. Or, cette saine atmosphère n’est pas retombée les jours suivants.
Castelbajac reste au tiroir
À Notre-Dame, où le pape est venu célébrer les vêpres, les aubes dessinées par Castelbajac sont restées dans les tiroirs de la sacristie. Souvenez-vous : elles lui avaient été commandées pour l’inauguration de la cathédrale et leurs couleurs criardes, leurs découpures disséminées dissonaient tellement dans la beauté gothique de l’édifice.
Castelbajac prétendait exprimer la « verticalité » en reprenant les codes du « streetwear », « de la jeune génération ». Le tout avec la bénédiction de Mgr Ulrich, comme l’expliquait le couturier : « On a décidé, avec le diocèse, qu'il n'y aurait pas de dessin. » Eh bien, le pape, lui, n’a pas craint de porter des habits sacerdotaux à la coupe et aux ornements dessinés, beaux mais sans le caractère prétentieux d’une « castelbajaquerie ». Même chose, le lendemain, à la messe de la Concorde où les ornements s’ornaient d’une croix bâton et de feuillages un peu plats mais de bon goût.

Les vêpres à Notre-Dame. Capture d’écran KTO
Le Salve Regina plutôt que Jésus revient
Au-delà du vêtement, l’ordonnancement des cérémonies était rigoureux : hiérarchique, processionnaire. L’espace était structuré et le décor de la messe de la Concorde était superbe avec sa demi-rosace reprenant le dessin de la rosace sud de Notre-Dame. L’ouïe n’a pas été traitée moins bien que la vue. Les différentes chorales polyphoniques ont puisé dans un répertoire varié et riche qui ne devait rien à Jo Akepsimas ni Michel Wackenheim, deux des compositeurs des chants qui ont déshonoré nos églises dans les années 1970-1980. Vieux de neuf siècles, le Salve Regina, chanté à différentes occasions par le pape et l’assistance, n’a pas pris une ride.
Même les cadeaux que se sont échangés Léon XIV et Mgr Ulrich étaient dans le ton. Mgr Ulrich n’a pas commis l’impair d’offrir au pape une esquisse de Claire Tabouret pour les vitraux de Notre-Dame – ce qu'a osé faire Emmanuel Macron, qui a remis au pape une reproduction du visage de la Vierge Marie qui figurera dans les vitraux de l'artiste contemporaine... Moins provocateur, Mgr Ulrich a offert au pape le fac-similé d’un oculus représentant la Vierge à l’Enfant, nimbée d’étoiles – oculus détruit dans l’incendie de Notre-Dame lors de la chute de la flèche. Le pape a remis à Mgr Ulrich un calice ouvragé, travail d’orfèvrerie qui n'a rien à voir avec les sortes de gros coquetiers en céramique qui eurent court quand la mode fut à une vaisselle liturgique grossière au nom d’une hypothétique authenticité.
Question de personne et de génération
Il y a là une question de personne, celle du pape. Si Léon XIV s’est dit, fin août, attaché à la réforme liturgique de Vatican II, il a appelé à « rejeter les abus » apparus après le Concile en la matière. Il n’a pas revêtu tous les accessoires vestimentaires liturgiques comme l’avait fait un Benoît XVI. Cependant, Georges Michel relevait, dès sa première apparition comme souverain pontife, qu’il portait la mozette (une courte pèlerine) : « Le pape Léon XIV semble vouloir renouer avec un certain classicisme vestimentaire qui convient à la dignité de sa charge. »
Cette atmosphère où l’on se tient bien est aussi une question de génération. Après la génération Vatican II qui a « déconstruit » la liturgie, vidé les sanctuaires de leurs statues et tableaux, banni les chants traditionnels pour les remplacer par de la soupe dont la parodie Jésus revient a fait justice pour l’éternité, une autre génération arrive à maturité. Une « jeunesse conservatrice », selon les mots de Victoire Riquetti. Cette jeunesse ne se retrouve pas dans l'iconoclasme qui a animé ses anciens. Il suffit de voir, dans les cérémonies, l’allure toujours quelque peu avachie des évêques français, cette impression qu’ils donnent d’être en jogging (même moralement), comparée à celle de plus jeunes prêtres. Ne se ferait-il qu’à petits pas, le retour en grâce de la dignité et de la beauté est une excellente nouvelle… et un signe des temps : le monde a soif de transcendance.
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18 commentaires
C’est très bien que LEON XIV, revienne aux fondamentaux, l’eglise n’a pas à suivre les modes, c’est d’ailleurs ce qui l’a éloignée bien souvent des jeunes. Comme les prières, ou l’on tutois le Christ, on vouvoys la Vierge Marie, dans certaines prières et dans d’autres non, il fallait moderniser l’église ???Qui n’a besoin de rien d’autre à faire que de rassembler les chrétiens en son sein, et sous la protection de notre seigneur le JESUS CHRIT,
Le Pape était très bien habillé. Les couleurs étaient belles et c était très sobre.
Le mond e a soif de transcendance, c’est évident. Et quand je tombe par hasard sur une bizarrerie comme Koh-Lanta, je me marre en regardant les fétiches, le faux feu au gaz, on parle d' »immunité »….Une autre émission proposait d’écouter » la voix »,- Ici la Voix et les gens étaient tout à l’écoute, religieusement. On parle de « grand messe »pour le journal télévisé…
Vous êtes bien injuste avec Jo Akepsimas, et n’avez manifestement pas vécu dans les années soixante-dix (ce n’est pas un reproche !) où, adolescent puis jeune adulte, j’ai grandi dans une société bien différente de la notre mais que l’Eglise de France a su traverser pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui et dont vous vous réjouissez (comme moi !).
Samuel Martin, les mots ont un sens ; ce que vous appelez « aubes » sont des chasubles, habit liturgique qui recouvre l’aube (lointain souvenir de la « casula » tente des Hébreux fuyant l’Egypte de Pharaon sous la conduite de Moïse). Le calice offert par le Saint Père est celui avace lequel il a célébré la messe, peut-être ub clin d’oeil malicieux du Pape à l’inculte Ulrich et ses vases sacrés de la réouverture de Notre Dame.
Il faut souligner qu’Ulrich porte la soutane (trop courte) avec la grâce qu’aurait une vache avec un tablier.
Quant au vaniteux Recteur de Notre Dame, Ribadeau-Dumas (de Cocagne), en soutane avec boutons et liserés volets, il est loin le temps où, Recteur des Sanctuaires de Lourdes, il portait le jean ! Sanctuaires qu’il avait fermés au tout début de la Terreur sanitaire covidienne !
Dignité, beauté, vérités bonnes à dire. C’est cela.
Le pape a bien fait son boulot, par contre, son appartenance à un pouvoir mondial, adhésion totale à l’Europe et à sa politique dévastatrice, c’est très gênant … on ne prend pas les mouches avec du vinaigre. Plus fin et plus diplomate que le pape François … est il aussi manipulateur …
Après les quatre jours miraculeusement calme, et animé par la beauté, des évènements., avec une jeunesse extraordinaire de dignité et de piété. Apportant le calme et la paix. Oubliez depuis longtemps dans nos espaces. Il fallait bien que LFI se fasse entendre et nous rappelle qu’il y a bien 2 jeunesses. Aux objectifs différents. Et donc là, ils ont bien réussi à faire oublier je pense à la majorité, ces quatre jours, d’espoir, et nous rappeler à la triste réalité
Le PAPE est venu pour nous régénerer à la source du Christ,nous rendre meilleurs envers les autres et envers nous même, que nos pensées aillent à ceux qui ont besoin d’amour et de soutien partout, tous les jours dans notre vie quotidienne. Il a dit aux jeunes » PENSEZ PAR VOUS MEMES » mais cela est bon aussi pour tout le monde. Soyons attentifs à ceux qui ont besoin de nous. Nous sommes enfants de Dieu ne l’oublions pas.
Elles sont restées dans les tiroirs car moches. Ce n’est pas plus compliqué que ça.
La parenthèse enchantée de la venue du pape, véritable étincelle de lumière, est hélas refermée avec le sinistre quotidien revenu en boomerang le soir même ; les lycées occupés manipulés par la lfi, les policiers agressés… à Grenoble le conseil municipal reporté par la maire débordée par des élus toujours lfi, antisémites boycottant l’entrée du conseil (plusieurs policiers agressés dont 3 hospitalisés)… la retombée est brutale. Un grand merci à tous ceux qui ont participé à cette parenthèse de 4 jours.
Pendant ce temps le macron se pavane à Madrid maintenant !
Évêques aava
Évêques avachis ? Porter depuis si longtemps la truelle, équerre et compas à la fin ça fatigue.
Excellent !
C’est vrai que l’on voit de plus en plus de jeunes prêtres porter la soutane. et pour ceux qui, comme moi, ne sont pas des « grenouilles de bénitiers », cela redonne de la solennité à la fonction et ce retour aux traditions a quelque chose de rassurant. La France catholique ne veut pas mourir et je pense que Leon XIV a donné un élan supplémentaire et des raisons d’espérer à cette belle jeunesse française bien élevée, qui doit être fière de ce qu’elle est.
Tous les « massacreurs » du travail sur la « reconstruction » de la cathédrale NOTRE DAME ont pris « UNE LECON de modestie » de la part de LEON XIV ! …
macron, ulrich, castelbajac et tous ces « déconstruits » ont du peiner à déglutir en voyant et entendant le Pape ! …
Les machins qui sont restés dans les tiroirs peuvent être « cédés » à Emaus … « Ca » pourra faire des rideaux ? ! …
les créations de castelbajac n’était pas si moche que ça, juste plus épurées.
« Épurées » ? De gros placards multicolores criards évoquant le vieux logo de « Windows » ?