Editoriaux - International - 27 mars 2019

Visite de Xi Jinping : grandeurs et misères françaises…

Le président chinois est arrivé dimanche dernier, à Nice, où il a été accueilli dans un premier temps par notre Garde républicaine, avant de rejoindre le couple Macron à Beaulieu-sur-Mer.

Xi Jinping a juste eu le temps d’observer ce qu’il pouvait acquérir de plus en France, après son petit tour sur la French Riviera. Il faut dire que ce sont déjà plus de 700 entreprises disposant de capitaux chinois qui sont pour l’heure installées en France. Cela, sans compter le rachat de nos fleurons industriels comme patrimoniaux, voire sportifs, comme viennent de le découvrir les supporters de l’A.J. Auxerre.

La classe médiatique et politique se gargarise de ce rachat à tout va de la France vendue à l’encan aux Chinois. Ils ne s’inquiètent même pas que les importations chinoises en France soient trois fois plus élevées que nos exportations vers l’empire du Milieu. “Candide ou l’optimisme”, auront raison de penser les lecteurs de Boulevard Voltaire.

Le plus scandaleux, encore, est sans doute l’accueil réservé au président chinois à Paris par Emmanuel Macron accompagné, sur le perron de l’Elysée, par… (roulement de tambour) : madame Merkel et monsieur Juncker, les chantres du “no border” (pas de frontières) ou, comprenez, du “libéralisme destructeur européen”.

Cet accueil plus que symbolique est bien le signe qu’Emmanuel Macron refuse de considérer davantage la France comme un État-nation en tant que tel, et que notre pays n’est plus qu’un simple wagon à la remorque d’une Union européenne cheminant, cahin-caha, sur le chemin des identités post-nationales.

Il souligne que monsieur Macron refuse que la France pense par elle-même à la réorganisation du monde de demain, laissant librement l’Union européenne lui dicter sa politique diplomatique et commerciale. C’est une capitulation en rase campagne. De Gaulle et Adenauer nous avaient pourtant habitués à plus de grandeur avec leur précédent traité de l’Élysée.

Le gouvernement français se refuse donc le droit de penser l’avenir et la place de la France dans la future “route de la soie” qui est en train de s’écrire, préférant se faire dépouiller plutôt que s’égosiller à expliquer qu’une autre route pourrait exister aux côtés, sans doute, de la Russie, comme l’analyse justement Philippe de Villiers dans son dernier livre.

Au moins cette visite d’État aura eu le mérite de montrer clairement aux Français le petit jeu pervers de notre Président, qui va jusqu’à brader son titre de chef de l’État : Macron n’est qu’un énième commissaire européen préparant l’après-France.

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