Editoriaux - Politique - Santé - Société - 24 septembre 2015

Vincent Lambert : 90.000 euros dépensés pour contrôler l’information

90.000 euros. C’est le prix du gestionnaire de crise que vient de s’offrir le CHU de Reims sur des fonds publics, afin de contrôler son image dans l’« affaire » Vincent Lambert.

En clair, l’hôpital se sert de l’argent des Français pour contrôler les informations que recevront ces mêmes Français sur un cas éthique aussi délicat qu’exemplaire.

Par trois fois, l’hôpital a tenté de mettre en place un “processus de fin de vie” pour Vincent Lambert, systématiquement contré par les parents de ce dernier qui refusent la mise à mort de leur fils.

Pendant l’été, le CHU a donc lancé un appel d’offres pour “un marché de prestation d’appui en communication exceptionnelle”, rapporte Le Figaro.

Quelques jours plus tôt, le 23 juillet, l’hôpital abandonnait sa troisième “procédure collégiale” engagée par le docteur Simon “en vue d’arrêter les traitements”, c’est-à-dire la nutrition et l’hydratation.

Si la procédure s’est arrêtée, c’est notamment parce que les parents de Vincent Lambert avaient dénoncé un conflit d’intérêts et de partialité : le docteur Simon était, en effet, le médecin qui présidait le “processus de fin de vie” mais également la conseillère de Rachel Lambert, l’épouse du patient favorable à l’arrêt des « soins ».

Une semaine plus tôt, les parents Lambert avaient par ailleurs porté plainte au pénal contre le docteur Simon et la direction de l’hôpital pour “tentative d’assassinat sur personne vulnérable”, “séquestration”, “privations et mauvais traitements”

Depuis, l’hôpital se paie donc le luxe d’avoir des communicants de crise. L’appel d’offre aurait été remporté par la société Nitidis, “expert en communication sensible et gestion de crise”.

Sa devise ? “Dire la vérité en l’habillant, mais sans la travestir.”

Sans novlangue, cela signifie tout simplement tromper les gens. Parce que le cas de Vincent Lambert, s’il est terriblement compliqué affectivement et familialement, est simple médicalement : il s’agit d’un homme gravement handicapé, qui nécessite une aide extérieure pour se nourrir et s’hydrater. On le laisse donc mourir de faim et de soif, ou non. On comprend que le premier choix soit si difficile à assumer qu’il faille “habiller la vérité”, en effet.

La mission des communicants de crise est claire : il s’agit de “limiter au maximum la pression journalistique”, “créer des éléments de langage”, “travailler sur des argumentaires” et “faire du média-training”, ont expliqué des concurrents de l’appel d’offres au Figaro.

Un autre a confié au quotidien être choqué par “leur manière de faire” et “leur cynisme incroyable”. Et pour cause : “Quand j’ai demandé à la direction pourquoi c’était une mission déterminée de trois mois se finissant en décembre, on m’a répondu “car en décembre, il sera peut-être mort” ». L’hôpital espère sans doute contrôler l’information jusqu’à pouvoir achever son patient sans la moindre opposition.

L’hôpital aurait pu choisir de protéger la vie, réelle bien que fragile et abîmée.

Il pourrait investir cet argent ailleurs s’il acceptait le transfert de Vincent Lambert dans un établissement spécialisé, comme le réclament ses parents depuis des mois. Des milliers de patients dans le même état que Vincent Lambert en bénéficient, sans pression médicale, politique, judiciaire et médiatique. Mais Vincent Lambert est devenu un cas d’école, un enjeu politique sur la question de l’euthanasie. Que vaut la vie d’un homme en face d’un enjeu politique ? 90.000 euros, apparemment. Morbide.

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