Non, ce n’est pas l’inversion de la courbe de popularité de François Hollande, ce n’est pas le poids accablant des impôts et des taxes qui frappent les riches et n’épargnent pas les pauvres, ce n’est pas l’impuissance patente du gouvernement face à la crise, ce n’est pas son inféodation aux diktats de l’Europe et sa sujétion aux ukases de Merkel, ce n’est pas la déception par rapport aux promesses et l’angoisse de l’avenir, ce n’est pas le coup porté par l’ à la réputation déjà entamée du Parti socialiste en particulier et à l’image de la classe en général qui expliquent la claque retentissante infligée dimanche dernier par les électeurs de Villeneuve-sur-Lot au représentant local de l’actuelle « majorité ». Dès le soir du scrutin, le malheureux Bernard Barral, fournissant les premiers éléments de langage à la rue de Solférino, avait décelé et dénonçait les responsables du désastre : le beau temps qui, on l’ignore trop souvent, penche à droite, et les 2 % et quelques de mauvais citoyens qui ont voté pour le candidat écologiste…

Trêve de plaisanteries ou plutôt de balivernes : quelles que soient les circonstances propres au Lot-et-Garonne, c’est la quatrième fois en quelques semaines que le Parti socialiste, faute d’avoir franchi la barre fatidique des 12,5 % d’inscrits, est éliminé dès le premier tour d’une élection partielle, et c’est la deuxième qu’il n’est pas seulement dépassé par le candidat de l’autre parti de gouvernement, mais doublé en trombe par celui du Front national et, en l’occurrence, sur un score sans appel, puisqu’il s’effondre en passant de 47 % à 24 % tandis que l’ stagne à 27 % et que le jeune représentant frontiste grimpe de 15 à 26 %.

Ce ne sont pas seulement la pesanteur des habitudes et l’attachement de certains élus à leurs sièges qui expliquent le peu d’empressement de la base et du sommet socialistes à instaurer le non-cumul des mandats. Dans le climat actuel, les quelques dizaines de mandats parlementaires qui auraient été remis en jeu auraient évidemment échappé aux sortants socialistes et les trois voix de majorité dont dispose le PS à l’Assemblée nationale ne seraient plus qu’un souvenir.

Le report sine die de la réforme annoncée à grand fracas sous les signes associés de la et de la démagogie n’évitera pas au pouvoir actuel les déconvenues et les déculottées qui s’annoncent aux municipales et aux européennes. Écartelés entre la menace d’avancées et de victoires spectaculaires du Front national et la tentation d’un « Front républicain » qui ferait éclater au grand jour la connivence de fond entre une et un PS d’accord sur l’essentiel (la renonciation de la France à sa souveraineté), le président de la République et son gouvernement jouent à fond d’institutions qui leur apportent en principe pour quatre ans encore la garantie de la stabilité. Ils ont pour eux la légalité formelle. D’ores et déjà, le pays les a mis en minorité.

18 juin 2013

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