Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - Sport - Table - 5 février 2018

“La ville de Paris est une machine à produire des mensonges”

Autosatisfaction de la part du maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a déclaré dans une interview au JDD, ce week-end, que le trafic automobile a connu, en 2017, une “baisse considérable”.

Au micro de Boulevard Voltaire, réaction de Serge Federbusch.

Outre la question de la circulation automobile, il aborde celles de la propreté et de la sécurité dans les transports en commun.

Serge Ferderbush, la maire de Paris, Annie Hidalgo, s’est vantée ces jours-ci d’avoir un très bon bilan en matière de trafic auto. Selon elle, le trafic a largement baissé dans Paris. Qu’en pensez-vous?

Ces propos donnent surtout envie de rigoler, et pas forcément doucement…
La ville de Paris est une machine à produire des mensonges en permanence.
Quand ils organisent Nuit Blanche, ils nous expliquent que deux millions de personnes sortent pour célébrer les quelques animations prout prout la nuit tombée. Deux millions de personnes, c’est plus que lors de la victoire de la coupe du monde de football de 1998!
De même, ils nous expliquent que le trafic a été grandement réduit et que la pollution a baissé sur les voies sur berge depuis qu’elles sont fermées. Pourtant des études menées par la région ou par des organismes indépendants nous démontrent le contraire. C’est la loi du mensonge permanent.
Je dirais simplement que ça continue ! Pour prétendre que le trafic baisse, ils ont deux astuces.
D’abord, ils excluent tous les deux roues motorisées alors que les gens les utilisent de plus en plus pour échapper aux embouteillages.
Ensuite et surtout, ils estiment le trafic à partir du nombre de véhicules qui passe sur 1 km sur certaines voies et pendant un certain temps donné. Vu comme cela, il en passe effectivement moins, puisque certains de ces véhicules sont à l’arrêt ou ensuqués dans les embouteillages. Et ils vous expliquent comme cela que la circulation diminue.
Vous voyez bien qu’ils tirent parti de leur propre turpitude comme on dit chez les juristes. Ils utilisent les conséquences négatives de leurs actions pour prétendre qu’il y a un résultat positif. C’est une véritable escroquerie intellectuelle.

On a l’impression que depuis quelques jours Annie Hidalgo est en pleine campagne de promotion de son bilan. Pourtant, la propreté de Paris semble largement décriée ces derniers temps. Quelle est votre analyse?

Je vais avoir envie de rigoler une seconde fois.
Nous n’avons aucun élément statistique qui nous permet de le dire si ce n’est le ressenti collectif ou la prolifération des rats qu’ils attribuent toujours à des causes extérieures. On nous dit une fois que c’est la faute à la crue, une autre aux travaux. Toujours est-il que les rats sont là depuis un an et demi et qu’aucune véritable action effective n’a été prise pour juguler cette prolifération.
En réalité, ce genre de phénomène accompagne la saleté. Le système de ramassage des ordures est assez défaillant. Mais ce qui l’est encore plus, c’est le balayage et le système des poubelles. Paris emploie plus de 60.000 personnes et dispose d’un budget de 7 ou 8 milliards d’euros annuels. Il est inconcevable que cette ville ne soit pas capable d’installer des poubelles dignes de ce nom et de faire passer des balayeurs à échéances suffisamment régulières pour que les rues ne soient pas crasseuses.
Pratiquement toutes les communes limitrophes à Paris ont des trottoirs propres. En revanche, dès qu’on rentre dans Paris, les trottoirs sont sales. N’importe qui peut en faire l’expérience.
On est vraiment dans la faillite d’une politique. Les raisons sont que cette politique est menée par de l’idéologie, mais aussi parce que madame Hidalgo a peur de mettre en place de vrais systèmes d’incitations et de sanctions pour que les personnels fassent correctement leur travail.
On est dans le socialisme.

Les journalistes de M6 ont sorti un reportage démontrant l’insécurité de plus en plus croissante dans les transports en commun. Y aurait-il selon vous des pistes d’amélioration ?

Il faudrait davantage de surveillance, avec des vigiles et des systèmes d’alerte. Les gens devraient pouvoir facilement utiliser les réseaux sociaux ou appeler un numéro d’urgence gratuit. L’idée serait que des policiers ou des agents de sécurité puissent très rapidement se rendre sur les lieux pour appréhender les fauteurs de troubles. Tant qu’on n’aura pas mis en place ce genre d’améliorations, ça ne marchera pas.

À lire aussi

Serge Federbusch : “La légère hausse d’Anne Hidalgo s’explique par le discrédit du macronisme.”

Et je vous promets que les aménagements de voirie les plus ineptes seront évalués et corri…