Pour célébrer le centenaire de la déclaration de la Première Guerre mondiale, le maire de Reims, Arnaud Robinet, a fait procéder le 3 août dernier au lâchage de 2.000 ballons bleus, blancs et rouges. Un bel pour se souvenir du martyre de la ville sacrée des rois qui, dès les premiers coups de canon, a vu ses enfants et sa ville meurtris. Cette cérémonie a eu lieu devant le monument aux morts qui ferme le grand axe des Promenades à Reims et qui rappelle la disparition de plus de 3.000 Rémois entre 1914 et 1918. Inauguré en 1930 par le maréchal Pétain en personne et le ministre de la Guerre André Maginot, ce monument symbolise, dans sa statue centrale, "la pensée accomplissant son effort de résurrection". Si le relief de gauche - "1914, le sacrifice" - est dédié aux familles des morts, celui de droite - "1918, la leçon du passé" - s’adresse aux générations nouvelles et futures, pour qu’elles se souviennent. Un document sur lequel est inscrit le nom des 3.107 Rémois morts pour la France est scellé dans une des pierres du monument.

Comment pourrait-on gâcher cette commémoration? Comment oserait-on entacher la mémoire de ces milliers de sacrifiés ? Il suffit de s’appeler « Robin des Bois », de se déclarer "association écologique", être en mal de notoriété, de profiter du vide médiatique propice à la période estivale et de porter plainte contre la mairie pour « abandon de déchets ». Car les 2.000 ballons lâchés par la mairie ce 3 août sont, pour ces ayatollahs de la verdure, de vulgaires déchets. Au-delà du fait qu’il serait utile d’aller voir dans leurs poubelles s’ils appliquent à la lettre leurs grands principes, ces personnes sont mues par un extrémisme sans nom. Ce sont d’ailleurs les mêmes qui, dans la veine d’Eva Joly, veulent supprimer le 14 Juillet ! Antimilitaristes ils sont. C’est leur droit. Salisseurs de mémoire, "anti-écologistes" du souvenir, ils le deviennent et dans ce domaine, la coupe est pleine.

« Ce sera la première plainte pour ce type de pollution mais nous entendons responsabiliser les autorités et les citoyens pour que cesse cette pratique dangereuse », a ajouté, sans rire, Jacky Bonnemains, président national de l’association accusatrice et décoré de l’ordre national du Mérite en 2005, sans doute pour éviter la multiplication de ces "actes de guerre" écologiques. La plainte devrait être adressée au procureur de Reims d’ici la fin de la semaine. Arrêtons le délire ! Lâcher 2.000 ballons une fois tous les cent ans n’est pas un crime, ni un délit, encore moins une « pratique dangereuse ». Pourquoi pas, tant qu’on y est, décréter l’arrêt des licenciements, la fin des cigarettes, de l’immigration, de la délinquance et des problèmes en tout genre ?

On espère simplement que la fasse preuve de discernement dans cette affaire de pieds nickelés. Mais avec le ministre en exercice, gageons que le maire de Reims, de couleur non conforme - c’est-à-dire UMP –, sera dûment condamné !

5 août 2014

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