Cinéma - Editoriaux - Fiction - Histoire - Table - 6 juin 2016

Vicky, la dernière imposture du cinéma parisien

“Tout d’un coup, je me suis dit, moi aussi” pourquoi je me permettrais pas ça, juste parce que je suis une femme. C’était aussi un pied de nez que je voulais faire aux hommes de ma famille : les femmes aussi peuvent montrer leur gueule !” C’est par ces mots extraits d’un reportage du journal de 13 h de France 2, samedi 4 juin, que Victoria Bedos, fille de son père et sœur de son frère, a raconté, à quatre jours de sa sortie en salle, la genèse du film Vicky, qu’elle a coécrit et dans lequel elle joue son propre rôle – celui d’une trentenaire rebelle qui cherche à faire résonner son prénom au sein d’une famille de célébrités. Après avoir participé à quelques scénarios, Victoria Bedos a décidé de passer devant la caméra pour y raconter (et surtout réaliser) son rêve de notoriété.

“À trente ans, Vicky étouffe dans sa famille, avec un père comédien et un frère célèbre : un film inspiré de la propre vie de Victoria.” Et le reportage de la chaîne publique de promouvoir la thèse de l’émancipation salutaire d’une jeune femme trop couvée par les siens – émancipation qui passera, dans le film, par l’alcool, le rock et le sexe, le tout couronné par le plus grand lieu commun du sous-féminisme “qu’il faut arrêter de considérer les hommes libertins comme des dons Juans et les libertines comme des salopes”.

Ce publireportage de France 2 n’aura qu’un seul but : nous convier à la surboum narcissique de la digne héritière de cette dynastie de l’ego. Retour sur la déclaration de Victoria Bedos au JT – dont le film éponyme ne semble servir qu’à la stricte promotion de sa personne.

“Tout d’un coup.” La fille Bedos se serait donc réveillée un matin avec un sentiment d’urgence : faire connaître son faciès. Au sein de l’hyper-classe artistique de la rive gauche, il est impossible de réprimer ce genre d’instinct. La frustration est intolérable pour ceux qui se croient tout permis. C’est dans leur ADN.

“Parce que je suis une femme.” Pour justifier sa pulsion exhibitionniste, le seul argumentaire possible est un vague proto-féminisme qui atteint des sommets d’imposture et de cynisme : faire croire que sa terrible condition de sœur et de fille l’a empêchée de se faire connaître. L’existence même de ce film lui donne tort.

“Pied de nez aux hommes de ma famille.” La sœur Bedos confirme ici la toute-puissance de cette dynastie libertaire, dont le gauchisme des quartiers chics est un sauf-conduit qui permet de s’asseoir à la table de la grande orgie. Le véritable pied de nez est à l’adresse des spectateurs : car il s’agit de leur jeter en pleine face ce règlement de comptes thérapeutique qui aurait dû demeurer dans la sphère familiale.

“Montrer [sa] gueule.” C’est le but ultime, qui n’a même plus la décence de se cacher. La célébrité n’est plus la conséquence d’un talent ou sa consécration, mais la seule finalité, à elle-même sa propre fin autotélique : le caprice d’une enfant gâtée qui veut faire croire qu’elle a souffert de l’omniprésence médiatique des siens ; une candidature à la ciné-réalité, histoire d’exhiber vulgairement “sa gueule” à la face du monde, dans une explosion spectaculaire d’onanisme parisien.

Ainsi, France 2 participe à la publicité d’une comédie française de plus, suffisante et nombriliste, afin de satisfaire les caprices égoïstes d’une caste sans aucune pudeur morale. “Je transforme ma réalité en fiction et c’est très agréable”, explique Victoria sur YouTube.

Fort heureusement pour notre image à l’étranger, les probabilités d’exportation de Vicky sont nulles.

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