Dans son édition dominicale, la Neue Osnabrücker Zeitung a révélé par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, les objectifs profonds de la construction européenne : l’instauration vers 2015 d’un marché transatlantique sans entraves.

En fait, ce ministre n’est que le porte-voix d’une préparée en amont depuis longtemps. En effet, l’objectif consistant à créer un bloc transatlantique unifié est clairement affiché sur le site de la Commission européenne. On y découvre l’élaboration de toute une série de documents appelant à l’instauration d’un bloc euro-atlantique unifié dans tous les domaines. Chronologiquement, nous relevons : la « Déclaration transatlantique » (1990), le « Nouvel agenda transatlantique » (1995), le « Partenariat économique transatlantique » (1998) et le « Conseil économique transatlantique » (2007).

Tous ces documents sont relayés par le très puissant institut euro-américain, le Transatlantic Policy Network (TPN). Bénéficiant de l’appui financier d’une multitude de multinationales (Boeing, Microsoft, Nestlé…) et d’une myriade de think tanks (Chatham House, CFR, Bruegel…), le TPN est dirigé par le député anglais au Parlement européen, James Elles. Ce Parlement européen, véritable courroie de transmission, est à l’origine de l’élaboration de nombreux textes appelant entre autre à la création d’une assemblée transatlantique.

Près de deux milliards de dollars de marchandises et de prestations de services transitent chaque jour de part et d’autre de l’Atlantique. A l’échelle mondiale, cela représente environ un tiers du volume des échanges commerciaux et 40% du volume des prestations de services. Ce bloc de 800 millions d’habitants, un « G-2 » pour reprendre l’expression de la Fondation Bertelsmann, serait en mesure de faire le poids face à ses concurrents chinois ou indien selon ses promoteurs.

Cette idée d’unité transatlantique était déjà magnifiée par le président Kennedy qui, le 4 juillet 1962, appelait à une « Déclaration d’interdépendance » entre l’ et les États-Unis. Rendant à ces paroles prophétiques dans un discours prononcé à la School of Advanced International Studies (SAIS), le 18 octobre 2005, le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, en a profité pour appuyer les travaux euro-américains œuvrant dans cette voie et condensés dans l’ouvrage « Deep integration, how transatlantic markets are leading globalization ».

Finalement, toute cette élaborée depuis longtemps par les élites était déjà résumée par le fondateur de la très mondialiste Paneurope, Richard de Coudenhove-Kalergi, qui, recevant en 1950 la plus haute distinction en faveur de la construction européenne, le « Prix Charlemagne », appelait à une « Union atlantique », véritable « Fédération à trois » où l’Angleterre ferait « le pont entre l’ et l’Europe ».

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31 octobre 2012

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