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Dans son dernier entretien, met dans la balance les intolérances respectives du et de l’. Il observe que “le monothéisme n’a certes pas le monopole de l’intolérance, mais il en crée une forme nouvelle : l’intolérance religieuse”.

Nous pourrions tout aussi bien appliquer sa théorie à l’automobile. Cette dernière n’a certes pas le monopole du danger, du risque, mais elle en a créé une nouvelle forme. Chaque année, en effet, selon l’OMS, 1,3 million de personnes meurent et 25 à 30 millions de personnes sont blessées dans un accident de voiture. L’automobile, comme les religions, a son “Livre”, qui s’appelle le Code de la route. On peut cependant aisément le constater : ce n’est pas le Code de la route qui produit l’accident, mais le non-respect du contenu du texte (ou du Livre, si vous préférez)…

Alain de Benoist pose la bonne question, mais ne va pas assez loin dans la réponse lorsqu’il dit : “Le problème avec les religions du Livre, c’est qu’elles n’ont pas le même Livre, et qu’elles ne le lisent pas de la même façon !” Dans Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans : Des repères pour comprendre (Éd. de L’Œuvre, Collection spirituelle, 2008), le théologien François Jourdan répond plus précisément (p. 46-47) à cette question : alors, de quel “Livre” s’agit-il ? Si nous posons la question à des juifs ou à des chrétiens, ils répondent : la Bible. Si nous la posons à des musulmans, ils disent : le Coran. Il y a désaccord sur le “Livre” qui ne peut pas être à la fois la Bible et le Coran ; nous n’avons pas de livre commun.

En fait, il s’agit là d’une expression (religions du Livre) dérivée du Coran : les gens du Livre (5, 59 et bien d’autres) désignent les juifs, les chrétiens et éventuellement les énigmatiques sabéens. Cette expression est liée à la cohérence doctrinale islamique de la “descente” (tanzîl), depuis la “mère du Livre” au ciel (3, 7, ; 13, 39), mère de tous les livres dont le Coran se présente comme le dernier, dans sa conception spécifique. Le terme “religions du Livre” est une conception islamique étrangère au monde biblique, puisque la Bible n’est pas descendue du ciel, mais est le fruit de l’alliance de Dieu et des hommes. Or, cette idée d’alliance n’est pas familière à l’islam. Il y a là une sorte d’ inconsciente de la culture. Constatons que les meilleurs s’y laissent prendre. Serait-ce le cas d’Alain de Benoist ?

12 juin 2014

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