Editoriaux - Histoire - Politique - Presse - 26 mai 2013

Venner contre le désespoir passif et veule…

« Tout ce qui vous arrive vous ressemble », disait Wilde ; le dernier geste de Dominique Venner bouleverse ses amis mais ne les étonne pas, tant il est à son image, aristocratique, romain, infiniment droit, infiniment clair. À l’heure de sa mort, qui est aussi l’heure de sa victoire, ce personnage qu’a toujours tenu fier et intègre un sens instinctif de la grandeur, du sacrifice et de la maîtrise de soi, entre dans le cortège des héros qui ont marqué de part en part l’histoire — qu’il connaissait et servait avec scrupule — d’une civilisation dont la dégénérescence le désespérait, mais à laquelle il ne se résignait pas : le voici inscrit pour toujours dans la ligne des plus grands maîtres antiques, des chevaliers de l’âge féodal et des héros de Corneille.

Il est admirable que ce polythéiste obstiné, mort debout comme un preux, soit venu se donner la mort, ou la vie, au pied du grand autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il est admirable que ce partisan résolu du « dépassement européen » ait été jusqu’au bout l’archétype d’un grand Français et qu’il illumine aujourd’hui, par ce geste emblématique, la France, une nation qui, si seule dans une Europe qui s’abandonne, résiste au remplacement de son peuple, à la décadence morale, aux folies de la théorie du genre, qui l’horrifiait, du mariage dénaturé, officiellement adopté l’avant-veille de son geste. Il y voyait la pointe la plus violente du rouleau compresseur mercantiliste, d’un monde unidimensionnel qui, comme il l’écrivait dans un de ses derniers textes, fait de l’enfant un objet de consommation et rend les hommes et les peuples interchangeables.

Il est admirable que cet homme sobre et discret touche d’un coup et réveille des millions de cœurs par un acte dont la portée est infinie et lumineuse, montrant à tous combien désormais la politique, que les temps de paix rendaient frivole ou dérisoire, aborde un nouvel âge, celui du drame, de la violence, du sacrifice, peut-être de la tragédie. Telle est la dimension que nous donnerons à nos combats en mémoire de Dominique Venner, sûrs qu’il a vaincu l’accablement, le désespoir passif et veule, et ce néant qui hantait son esprit mais qu’il vient d’abolir, ou dont il triomphe.

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