Depuis trois mois que l'ambassade de France a proposé Laurent Stéfanini pour le poste éponyme près le Saint-Siège, la secrétairerie d’État, à Rome, accuse un silence assourdissant.

Cet énarque de 54 ans réunit pourtant toutes les qualités requises pour la fonction. Catholique pratiquant, célibataire sans enfant, ayant déjà travaillé à l'ambassade de France au Saint-Siège (de 2001 à 2005), conseiller pour les affaires religieuses au Quai d'Orsay par la suite, sa candidature ayant même été approuvée par la cardinal André Vingt-Trois, qu'est-ce qui peut bien rendre circonspect le ? Disons-le tout net : Laurent Stéfanini est homosexuel.

D'abord, ce refus surprend quand, le 29 juillet 2013, le pape François déclarait : "Si une personne est gay et cherche le Seigneur, qui suis-je pour la juger ?"

Les adoucissements de la position de l’Église envers l'homosexualité ne seraient-ils plus à l'ordre du jour ? Ou le refus exprimé dans ce silence à l'encontre de cette candidature trouve-t-il justification par une homosexualité qualifiée de "notoire" ? Aux dires du quotidien Il Messaggero, cet homme très cultivé est néanmoins "d'une discrétion absolue" et, lors de ses années de passage à la Curie, fut très apprécié.

En fait, la raison du refus, selon le blog Insider du quotidien La Stampa, des sources au sein de la Curie affirment qu'il ne vient pas de l'homosexualité de l'intéressé, mais de son soutien au mariage gay.

Et si, justement, le refus de la secrétairerie d’État au de l'ambassadeur Stéfanini – actuellement chef du protocole de la présidence française - se trouvait plutôt en raison de sa nomination au poste par le président Hollande et son Conseil des ministres, eux-mêmes ? Le pape François aurait-il vu là une sorte de provocation de la part de ce gouvernement qui, après avoir voté le mariage unisexe, en recommandant un ambassadeur homosexuel- partisan du mariage gay - pousserait la plaisanterie un peu loin ? Le souverain pontife y voit peut-être un pied de nez ? Une « mauvaise » petite blague ?

Pied de nez qui survient seulement quelques mois après qu'un document, présenté à mi-synode, en octobre 2014, dans lequel le reconnaissait que "les homosexuels ont des dons à offrir à la communauté chrétienne". Document qui était, d'un côté, salué par les organisations catholiques de défense des homosexuels pour les progrès qu'il énonçait, et, de l'autre, décrié par les groupes conservateurs défendant les valeurs traditionnelles de la famille.

Que l’Église catholique vienne de montrer sa capacité de tolérance et de fraternité à l'égard des personnes homosexuelles et poursuive sa réflexion à leur égard "sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage" - qui est un de ses fondamentaux – ne rencontre pourtant aucun écho chez le président Hollande qui campe sur sa candidature. Mais de quel côté se trouve donc l'ouverture et le respect de l'autre ?

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14 avril 2015

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