Notre Premier ministre réformateur s'est mué en liquidateur du socialisme. Après le cri d'amour lancé aux entrepreneurs, l'interpellation des faux chômeurs, la remise en cause des 35 heures et des seuils sociaux et la dénonciation de « trente ans de politiques d'intégration », c'est à une nouvelle révision déchirante d'une des postures du socialisme - celle sur le sérieux budgétaire - que signe l'annonce d'un déficit public à 4,4 % du PIB en 2014 (après 4,1 % en 2013) et le seuil attendu de 100 % de dette par rapport au PIB.

Des recettes fiscales introuvables, résultat de l'effondrement productif et du matraquage fiscal. Les 50 milliards d'économie ? Du vent, juste le gel des budgets en euros constants ! Aucune réforme de structure. L'État est une pétaudière, comme la Sécu ou les collectivités locales. Les déductions aux entreprises, inefficaces, vu la morosité des investisseurs. Les socialistes ont déprimé à la fois l'offre et la demande !

Toujours des excuses à la politique de gribouille : l'intransigeance de l' (alors que nos voisins ont été si accommodants) ; le manque de croissance (les mêmes qui répètent qu'il ne faut pas faire du taux de croissance une religion) quand les pays qui ont fait les réformes nécessaires (Espagne, Portugal) repartent de l'avant ; la BCE et l'euro fort, mais la nouvelle politique d'argent facile et pas cher ne résoudra rien car le cas français est de nature structurelle.

Valls a eu l'honnêteté d'admettre qu'il n'y a jamais eu de rigueur en France, et d'austérité encore moins, ni sous Sarkozy ni sous Hollande. On ne peut lui nier son courage politique. On a parlé à juste titre de Bad Godesberg français, en référence au SPD allemand, abandonnant références marxistes et postures neo-révolutionnaires.

Valls va payer pour toutes les postures et impostures des socialistes, et leur suffisance intellectuelle, inversement proportionnelle à leur capacité à gouverner, ce qui se nomme l'impuissance des eunuques et le régime des châtrés.

C'est l'heure des comptes pour toutes les lâchetés en matière budgétaire, fiscale, d'immigration, d'insécurité. La descente aux enfers : dégradation par les agences de notation, désaveux des marchés financiers, troubles sociaux, crises politiques. Quelle que soit la solution adoptée, les Français vont beaucoup s'appauvrir (la différence de compétitivité avec les pays voisins ou le niveau de surévaluation de leurs actifs étant de 30 %).

Celle qui n'était qu'une doublure au côté de Hollande a mis au grand jour l'imposture présidentielle, reproduction du mensonge mitterrandien, consistant à se faire élire par les sans-grade et les sans-dents sur un programme très à gauche, faire du misérabilisme contre les riches et les puissants. Quand la réalité oblige les socialistes à sortir de l'ambiguïté, ils se cassent le nez dessus.

Valls me fait penser à un jeune curé de bois brut, intransigeant et sectaire. Je l'imagine du haut de sa chaire, en soutane, lançant ses regards furibards. Il nous exhorte à résister à la dissolution des mœurs et joue les incorruptibles quand, le matin même, son sacristain avait la main dans la culotte de l'enfant de chœur.

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11 septembre 2014

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