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Editoriaux - Histoire - Politique - Société - 25 octobre 2014

Valls, cet homme de droite contrarié

Le clivage gauche-droite en économie tend à s’estomper et pousse les électeurs incrédules à explorer d’autres pistes. n’aide pas à clarifier les choses. Le Premier ministre « de gauche » a décidément du mal à se déclarer « socialiste ». Pour éviter ce désagrément, rebaptiser le PS et sortir du « passéisme » est la solution miracle. Magie des mots et horreur des actes quand ce même Premier ministre sert la soupe au MEDEF et propose d’en finir avec le CDI.

Valls est un homme de droite contrarié. Comme beaucoup au Parti socialiste, il ne croit pas aux vieilles lunes de gauche et cherche à plaire à plus puissant que lui. Renier l’idéal socialiste et enterrer son nom, et par là même son histoire, sans fleurs ni couronnes, ne lui fait pas peur. S’en prendre au marché du travail et le ratiboiser sauce MEDEF n’est pas un problème non plus. La standing ovation reçue en août dernier à l’université d’été du MEDEF a-t-elle été si extatique pour que le Premier ministre fasse tout pour plaire au patronat ?

Après le énième ballon d’essai sur les 35 heures, Valls se penche sur le contrat de travail. Trop rigide, pas assez adapté aux contraintes de notre temps, le CDI est le problème numéro un du marché du travail. Le MEDEF l’assène à longueur de temps et est maintenant repris à plein poumon par la « gauche réformiste et pragmatique ». La même gauche qui n’a rien fait au pouvoir depuis trois ans, sauf déconstruire les quelques mesures de bon sens des gouvernements précédents. Ne nous cachons pas derrière la forêt de chômeurs bien agrandie par la politique mortifère au goût du jour. Le marché du travail, en France, est sclérosé et a besoin d’un sacré coup de jeune pour ne plus devenir une fabrique à chômeurs alors que des centaines de milliers d’emplois ne sont pas pourvus.

Mais Valls est de ceux qui, lorsqu’ils sont face à un problème, préfèrent tout casser au lieu de faire des efforts pour le résoudre. Une rivière déborde de son lit et inonde un village ? Abandonner le village maudit est plus simple que d’entreprendre des travaux d’aménagement. Le chômage est trop élevé en France ? Faisons des Français des sous-prolétaires à l’américaine. Deux ou trois jobs en même temps pour survivre, mais une croissance bien plus élevée et des chiffres du chômage assez bons pour ne pas avoir à se planquer dès que les statistiques mensuelles frappent à la porte.

Manuel Valls devrait arrêter de penser à 2017 et se concentrer sur les solutions à adopter. Pas celles toutes prêtes lancées par le MEDEF. La France a besoin de ses entreprises, mais les entreprises ont besoin de leurs salariés. Ne nions pas les maux français. S’il faut revoir les règles du CDI et des contrats de travail en général, le nivellement par le bas n’est pas la solution sauf si l’on souhaite une société égalitariste. Tous au même niveau de décrépitude économique et sociale, et le bon peuple sera heureux. Paradoxe de cette mesure du Vallso-MEDEF, les outils du libéralisme économique amènent à une société égalitariste de gauche. Après tout, ils sont tous contents. Sauf les Français.

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