Editoriaux - Médias - Politique - Sciences - 4 novembre 2015

Valls, une bête de com’ à bout de souffle

À défaut de ravigoter l’économie française, Manuel Valls pompe l’espace médiatique avec un stakhanovisme de Shadok. Le mois dernier, il se mettait en scène, entouré d’une cour de 17 ministres dans les rues désertes des Mureaux, pour tenter de renouer avec un électorat immigré qui lui échappe peu à peu. Vendredi prochain, il se rendra à Moirans, sur les braises de la guérilla urbaine allumée par les « gens du voyage sédentarisés », pour se rabibocher avec cette France profonde qu’il ignore le reste du temps. Ce mardi, il était en visite à Sciences Po Paris pour séduire la progéniture de la bobocratie, qui ne manquera pas de venir grossir les rangs des apparatchiks socialistes de demain. Mais le comité d’accueil n’a pas été au diapason de ses attentes : Manuel Valls s’est fait copieusement huer par cette jeunesse dorée donneuse de leçons qui semble déjà tout savoir sur tout.

“La gauche, tu l’aimes ou tu la quittes !” : tel fut le slogan un rien caricatural matraqué aux tympans du Premier ministre par une poignée d’étudiants proches de l’UNEF et de l’extrême gauche, en rogne contre sa politique libérale. Désormais abonné aux attaques tous azimuts, Manuel Valls a exécuté, avec un stoïcisme éprouvé, sa conférence sur le thème “Réformer : pourquoi et comment”, sans parvenir à convaincre son auditoire davantage que l’ensemble des Français. Il faut dire que ces dernières heures, il accumule volte-face, effets d’annonce inaudibles et incantations opportunistes : report d’un an de la réforme des dotations aux collectivités locales, cacophonie invraisemblable sur la hausse d’impôts locaux des retraités modestes et le calcul de l’allocation handicapé, reprise des travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, souhait qu’il y ait « un débat » sur le traité transatlantique, décision de renoncer au droit de vote des étrangers… Panique à tous les étages.

Dans la dernière ligne droite des régionales, le chef du gouvernement s’efforce, avec l’énergie du désespoir, de sauver les meubles face à la victoire imparable des Républicains et à la percée du Front national, en envoyant des signaux désordonnés pour harponner l’électorat d’un côté comme de l’autre. Parallèlement, François Hollande entame sa réconciliation avec les sans-dents en allant se prolétariser chez Lucette, le temps d’une conversation téléguidée devant une bonne tasse de café municipal. Le coup monté a beau essuyer les quolibets de l’opposition et des médias, il n’en démord pas et assure qu’il continuera « de rencontrer les Français ». On se lèche les babines à l’idée de l’apercevoir chez un chômeur en fin de droits. Quelques jours plus tard, le voilà en Chine scellant un accord présenté comme historique sur le climat, à trois semaines de la COP21. De quoi émoustiller les écologistes.

Les circonvolutions du tandem Hollande-Valls ne suffiront toutefois sans doute pas à limiter la casse. Nicolas Sarkozy, trop heureux de pouvoir tirer sur l’ambulance socialiste, a sonné le glas du front républicain en cas de triangulaires. Dans la foulée, il a dénoncé le « laxisme » de la politique sécuritaire de la majorité, et préconisé la création de places de prison et d’un super ministère de l’Intérieur. Des propos jugés « pas sérieux » par le Premier ministre qui, en la matière, en connaît un rayon.

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