« Charges, emplois, honneurs, tout maintenant s’écroule / Au milieu des éclats de rire de la foule. »
La chute était prévue, annoncée, attendue et beaucoup n’éprouveront pas la moindre pitié pour la femme qui vient de tomber. L’épreuve n’en est pas moins cruelle : hier Première dame, ou tout comme, et aujourd’hui plus rien, ou guère plus.

A quoi pensera-t-elle, , dans l’avion qui l’emmène vers l’Orient compliqué avec des idées confuses, pour une visite de dame patronnesse dont l’artifice et l’absurde ressortent avec éclat quand on n’est plus ni dame ni patronnesse ? Pensera-t-elle encore, et dans quels sentiments, à l’homme normal qui, après l’avoir apparemment aimée, l’a si médiocrement trompée, si sèchement laissée tomber, de si haut, et publiquement répudiée ? Aura-t-elle assez de sagesse et de distance avec elle-même pour reprendre le dessus et considérer que ce sont des choses qui arrivent, comme dans les chansons car « hélas, à Saint-Jean comme ailleurs/Un serment n’est qu’un leurre/J’étais folle de croire au bonheur/Et de vouloir garder son cœur… »

L’homme d’âge mûr qui, touché par le démon de midi et demi, abandonne sa femme ou sa compagne pour une plus jeune, c’est une vieille histoire, Ségolène Royal ne dira pas le contraire : « Mon amant me délaisse/O gai ! Vive la rose !/Je ne sais pas pourquoi/Vive la rose et le lilas !/ Il va-t-en voir une autre/Bien plus jeune que moi ». Après tout, Valérie ne fait que subir à son tour ce qu’elle a fait en son temps, la rose au poing et le sourire aux lèvres, subir à sa rivale, et il y a dans sa mésaventure quelque chose qui ferait croire à ce qu’on appelle la justice immanente, comme dans "La Complainte des infidèles", que chantait avec tant de conviction Mouloudji : « Vaincues par vos propres armes/Vous connaîtrez à votre tour/Et le désespoir et les larmes/De la jalousie et de l’amour… »

Quoi qu’il en soit, le temps n’est plus où un froncement de sourcil, un mot appuyé ou une bonne vieille scène de ménage suffisaient à la tigresse pour faire trembler et ramper son conjoint. « Caprices, c’est fini », a-t-on envie de conclure dans ce pays où tout, disait un adage, finit par des chansons.

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25 janvier 2014

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