Pour Mediapart, au Sénat règne une « fièvre islamophobe ». En cause, cette version nettement modifiée du projet de loi contre le séparatisme adoptée par les sénateurs. Valérie Boyer répond à ces accusations et revient également sur les paroles de ce ministre algérien qui a récemment déclaré que la est « un ennemi traditionnel et éternel de l’Algérie ».

Réaction de la sénatrice au micro de Boulevard .

 

Selon Mediapart, au Sénat règne une fièvre islamophobe au moment de l’étude du projet de loi séparatisme. Ce texte répond-il à l’urgence séparatiste que connaît la France ?

Le texte sénatorial a profondément modifié et donné du corps au texte du gouvernement. Accuser le Sénat d’islamophobie, c’est inexact, car nous ne confondons pas et islamisme. Je ne confonds pas les musulmans modérés avec les musulmans radicaux qui sont les personnes visées par ce texte. Ceux qui, à l’instar d’Erdoğan, considèrent que l’intégration est un crime contre l’humanité.

 

Le Sénat a supprimé l’article qui durcissait le contrôle de l’instruction à la maison et, en même temps, il favorise le contrôle des établissements hors contrat. Certains, parmi les défenseurs de l’école libre, s’inquiètent…

Le Sénat a voulu corriger l’injustice que La en marche avait faite. Initialement, ce texte punissait tout le monde. Le Sénat a fait un texte avec quatre volets. Le premier concerne la à l’école avec plusieurs mesures : l’interdiction du voile pour les petites filles dans l’espace public, et cela, contre l’avis du gouvernement, l’interdiction du pour les accompagnatrices scolaires, car le principe de neutralité s’applique aussi lorsque l’école est hors les murs. Ensuite, le Sénat a décidé de suspendre les allocations familiales pour lutter contre l’absentéisme scolaire. Déjà, sous le gouvernement Sarkozy Fillon, avec la loi Ciotti, sur les centaines de demandes de suspension des allocations familiales, seule une cinquantaine ont abouti. À l’époque, rien que le fait d’en parler, beaucoup d’élèves retournaient à l’école.

Une autre mesure concerne les signes religieux ostentatoires dans les milieux sportifs, avec l’interdiction du dans les piscines publiques afin de ne pas laisser les maires seuls face aux provocations militantes, et également l’interdiction du port du voile lors des compétitions nationales, contrairement à ce qu’avait voulu faire voter le ministre des Sports. Le port du voile est un signe qui distingue les femmes pudiques des femmes impudiques. Plusieurs prêcheurs islamistes disent que celles qui ne le portent pas sont des proies qui doivent être prises.

Le troisième volet concerne la laïcité à l’université, avec l’interdiction du culte dans les parties communes et l’obligation du contrat d’engagement républicain pour toutes les associations qui voudraient un prêt de local, cela afin d’éviter toutes les dérives que l’on a connues récemment.

 

Le ministre algérien El Hachemi Djaâboub a rappelé que la France était « un ennemi traditionnel et éternel » de l’Algérie. Beaucoup de Français d’origine algérienne ou de binationaux sont sur le sol français, cela relance le débat.

Malheureusement, c’est une injure faite à la France et aux Français comme les rapatriés ou les harkis, ou les soldats morts en Algérie, ou même les Français actuels qui font preuve de solidarité et aident au développement de l’Algérie. C’est encore plus amer que ces paroles aient été prononcées par le ministre du Travail et de la sociale répondant à un sénateur algérien. Quand on sait les difficultés que l’on a pour obtenir des informations, notamment sur les retraités centenaires algériens, quand on sait tous les liens existant entre la France et l’Algérie pour soigner les ressortissants algériens avec des équipes médicales qui vont en Algérie ou bien lorsque des Algériens viennent se faire soigner en France, avec des visas de tourisme ou en situation irrégulière mais sont néanmoins pris en charge, je trouve que ces propos sont grossiers et indécents.

Le pire ne vient pas de l’Algérie, dont on sait qu’elle profère des propos particulièrement belliqueux à l’égard de la France, avec son hymne national qui dit « Oh France, le temps des palabres est révolu, nous l’avons clos comme on ferme un livre, oh France, voici venu le jour où il te faudra rendre des comptes, prépare-toi ». La France n’a pas répondu et, interrogé à l’Assemblée nationale, un secrétaire d’État a botté en touche. C’est hallucinant !

14 avril 2021

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