Carolyn Walker-Diallo est une plantureuse Noire américaine de confession musulmane. Élue juge pour la ville de New York en novembre dernier, elle prêtait serment ce 10 décembre afin d’entériner sa prise de fonction. Conformément à sa foi, elle a prêté serment sur le Coran. L’aurait-elle fait sur un billet vert que personne n’aurait bronché, mais sur le Coran… Ouuuuuuhhhhhhh, shame on you !

Dans notre France « laïque et républicaine », le serment n’est pas prêté la main sur la Bible ou sur la Constitution ni “sur aucun objet de culte ou se référant à une croyance quelconque”. “La formule du serment ne fait référence à aucune ou philosophie”, dit la loi française. Le serment est un engagement moral et donc verbal, une simple déclaration solennelle. On notera – exception très française  – que, contrairement à une idée répandue et sans doute héritée des feuilletons télévisés, le président de la République soi-même en est dispensé… Rien ne l’oblige donc à respecter sa parole ni ses engagements vis-à-vis de la nation. L’honneur n’étant pas la chose la mieux partagée chez les politiques, on comprend mieux pourquoi les promesses de campagne n’engagent ici que ceux qui les entendent.

Donc, Carolyn Walker-Diallo a prêté serment sur le Coran, comme la loi américaine l’y autorise, même si, là-bas, cela se fait très majoritairement sur la Bible. Mais on peut aussi le faire sur toute autre chose à laquelle on accorde de l’importance – sinon foi -, “le minimum requis [étant] simplement de jurer que l’on respectera la loi”, comme le confie un juriste au New York Post. “Il est aussi possible de ne jamais mentionner Dieu dans cette promesse solennelle qui s’appellera alors “assermentation”. Vous pourriez même être investi avec la main sur une bande dessinée”, ajoute ce monsieur.

Mais “In God We Trust”, dit la devise américaine inscrite sur les dollars et même sur les taxis. Et Dieu est riche et chrétien, forcément ; pas musulman. Ni shinto, ni cousin de Bouddha. Alors, en ces temps de Trumpettiste que nous vivons – le candidat à l’investiture républicaine veut interdire l’entrée aux États-Unis des musulmans -, la pauvre Carolyn Walker-Diallo a déchaîné l’hystérie d’une partie de ses concitoyens. S’est vue accuser “d’être une terroriste, d’essayer de détruire l’Amérique, de vouloir imposer la charia” et autres amabilités, y compris des menaces de mort. Au nom de la charité chrétienne et de l’amour du prochain, cela va sans dire.

Voyant comme il va et la connerie exponentielle qui le mène à sa ruine, ma mère aurait imploré : « Mon doux Jésus, pauvre Seigneur ! », signe chez elle d’une grande perplexité. Mais jamais elle n’aurait levé sa cuillère en bois contre un musulman. Ni contre quiconque, d’ailleurs.

18 décembre 2015

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