Editoriaux - Histoire - International - Politique - 27 décembre 2016

USA-Israël : avant de partir, Obama montre ses biscotos

Lundi soir, au lendemain de la convocation par Benyamin Netanyahou – le jour de Noël ! – des ambassadeurs des pays ayant osé voter la résolution de l’ONU condamnant la colonisation des territoires israéliens, le magazine “C dans l’air” y consacrait son émission. Le titre : « Israël : Obama défie Trump. »

“C’est le testament de Barack Obama. Pour la première fois depuis 1979, les États-Unis ont laissé passer aux Nations unies une résolution qui exhorte Israël à cesser toute activité de colonisation dans les territoires palestiniens”, nous dit-on. De fait, si les résolutions condamnant Israël ne cessent de se multiplier depuis bientôt quarante ans, elles sont toutes demeurées sans effet, les États-Unis y ayant chaque fois opposé leur veto. Alors, qu’est-il arrivé à Obama, et pourquoi ?

On se demande si ce n’est pas pour miner un peu plus le terrain de son inquiétant successeur Donald Trump, lequel s’est d’ailleurs empressé de répondre à tout cela que “les choses seront différentes” après son arrivée aux responsabilités. Sous-entendu qu’on oubliera cette “résolution honteuse”, comme dit Netanyahou, et que l’Amérique reprendra son rôle de protecteur attitré de l’État hébreu.

Plus certainement, Obama se lâche. Lâchement, d’ailleurs. Tente de rattraper en quelques semaines tous ses manquements : “Voilà ce que j’aurais pu, voilà ce que j’aurais dû faire.” “C’est son testament”, disent les commentateurs. Cette résolution “arrive huit ans trop tard”, ajoute Jean-Dominique Merchet. “Il aurait fallu la faire au début de son mandat. Il aurait fallu la faire avant qu’il ait eu le prix Nobel de la paix.” Mais tout le monde sait qu’Obama a eu le prix Nobel de la paix pour sa belle gueule, pas pour sa politique étrangère.

Alors le président sortant dit ce qu’il pense mais ça ne sert à rien. Netanyahou l’a d’ailleurs affirmé crânement : cette résolution, il s’en fout comme de sa première kippa. Il ne la respectera pas plus que les autres et va prendre de sévères sanctions contre les sanctionneurs. Car, dit pudiquement, au nom des souffrances passées, “Israël se caractérise par une violation permanente du droit international”. Toutefois, on peut considérer que cette résolution 2334 est un marqueur, un jalon sur le sentier qui mène à la « délégitimisation » d’Israël. Sentiment de plus en plus prégnant dans les opinions internationales, de l’Europe à l’Asie en passant par l’Afrique et même jusqu’aux universités américaines, beaucoup plus critiques que les gouvernements sur la politique d’occupation en Cisjordanie.

Si le conflit israélo-palestinien a longtemps été une guerre de territoires, c’est devenu un conflit religieux avec la “judaïsation” à marche forcée des territoires arabes. Si vrai que la Knesset vient de faire inscrire dans la loi cette assertion : “Un peuple ne peut pas être un colon sur ses propres terres.” Tout en prétendant, malgré tout, continuer à défendre l’idée que seule l’existence de deux pays (Israël et Palestine) pourra conduire à la paix.

Le paradoxe de cette histoire, c’est qu’Israël n’est ce qu’il est, aujourd’hui comme hier, que grâce aux Américains. Officiellement parce que les États-Unis continuent de le surarmer et de lui faire rempart (le dernier accord militaire, d’un montant de 38 milliards de dollars, a été signé en septembre dernier par… Barack Obama) ; officieusement parce que ce sont des fondations américaines qui financent massivement la construction des colonies illégales en Cisjordanie, comme l’a révélé une enquête de Haaretz, le plus grand quotidien israélien.

Quant à la France, pour finir, elle sombre une fois de plus dans le ridicule en convoquant le 15 janvier, à Paris, une conférence avec une administration américaine fantôme (Obama sera à cinq jours du départ !), réunion que le ministre de la Défense israélien a qualifiée de “procès Dreyfus” avant d’inviter, une fois de plus, tous les juifs de France à “quitter ce pays qui n’est pas leur terre” !

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