Editoriaux - International - Politique - Presse - 18 juin 2014

USA : fillette blanche agressée par une ado noire. Attention, ceci n’est pas raciste !

Elle s’est pris le rêve américain en pleine tronche. C’était à Cleveland, mercredi de la semaine passée. La vidéo postée sur YouTube montre l’assaut particulièrement sauvage d’une enfant blanche de 10 ans, Danielle Fair, par une ado noire de 13 ans qui lui aurait — d’après les témoins — crié « cracker », mot d’argot américain que l’on pourrait traduire par « bouseux de blanc ». « Cracker », c’est un peu l’équivalent de « nigger » (négro). D’ailleurs, aux « States », on ne prononce même plus le mot « nigger », même pour le critiquer ! On parle sobrement de « N word »

Dans l’affaire de Cleveland, le rouleau compresseur du politiquement correct s’est mis en marche rapidement. La police, au début, a enquêté sur un « hate incident », un « incident de haine » ; comprendre, dans ce magma de novlangue, incident « raciste ». Puis, on ne sait pourquoi, elle a dû soudain changer son fusil d’épaule en qualifiant l’agression de… simple incident.

Le cas inverse — une jeune Noire agressée par une Blanche lui criant « sale négresse » — aurait, à juste titre, provoqué un tsunami d’éditoriaux enflammés dans la presse américaine. La presse française aurait probablement fait de suite la une sur « l’horrible attentat raciste » (titre probable de Libé) ou le « plus jamais ça » (titre probable de L’Express). Sur France 2, après un discret « Yes ! » en voyant les images, Pujadas aurait pris son air de croque-mort sympa, tandis qu’au Grand Journal, des experts auraient glosé sur le retour du KKK devant une Marion Le Pen consternée. Mais là, nothing ! Passez votre chemin, citoyen !

Le plus fascinant, dans cette finalement banale sauvagerie, c’est qu’elle soulève un peu le voile post-racial d’une Amérique officiellement apaisée. L’observateur attentif de la vie politique états-unienne le sait pourtant : généralement de basse intensité certes, les tensions raciales sont permanentes au pays de l’Oncle Obama. Entre la scandaleuse politique de discrimination positive (que Sarko a voulu imposer en France) et le racisme de plus en plus affiché de certaines élites noires, les Américains blancs ont décidé d’agir. C’est le lent mais sûr repli sur soi, sur la communauté. Le « white flight », disent les sociologues. Il se trouve qu’en 2014, d’après de nombreuses études, les écoles sont aussi peu « mélangées racialement » que dans les années 60. Lire à ce sujet l’article édifiant de Sheryl Gay Stolberg dans le New York Times du 16 mai dernier, traduit dans Courrier international.

Ce qui est arrivé à la petite Blanche de Cleveland, largement diffusé et commenté outre-Atlantique, ne va pas donner envie aux parents « caucasiens » de changer d’avis. L’Amérique est une cocotte-minute prête à imploser. Souvenez-vous. L’excellent film de Clint Eastwood, Gran Torino, n’est pas qu’un film.

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