Editoriaux - International - Internet - Politique - Table - 7 novembre 2016

USA : Donald populiste contre Daisy financière de Daech ?

Faites vos jeux, rien ne va plus ! À quelques heures de l’élection destinée à désigner le futur locataire de la Maison-Blanche, la roulette aura bientôt fini de tourner. Sauf qu’il s’agit aussi d’une roulette belge, avec six balles dans le barillet.

Ainsi, le FBI, neuf jours après avoir diligenté une enquête sur Hillary Clinton, relative à des courriers électroniques pas tout à fait catholiques, vient-il subitement de clore le dossier. Voilà qui tombe aussi bien que les bulletins truqués de cette mafia ayant fait gagner John Fitzgerald Kennedy contre l’infortuné Richard Nixon, martingale de casino ayant connu une sorte de réplique sismique lors de la victoire, un poil contestée, de George W. Bush contre Al Gore, en 2000.

De l’autre, Julian Assange, l’homme de WikiLeaks, avait promis des révélations fracassantes à quelques jours du scrutin. Nous voilà servis. Dans des courriels plus ou moins privés – qu’en sait-on vraiment, désormais ? –, Hillary Clinton aurait identifié « les liens clandestins et financiers » entre pays du Golfe et Daech. Pour être plus précis, Arabie saoudite et Qatar seraient en première ligne des généreux bienfaiteurs, apportant « clandestinement une aide financière et logistique » à ce djihadisme de combat que les sont pourtant censés combattre, « guerre au terrorisme » oblige…

Un autre de ces courriels donne une idée assez juste de son pas de deux :

Nous devons mettre la pression sur les gouvernements qatari et saoudien, qui soutiennent secrètement, financièrement et appuient logistiquement Daech et les autres groupes sunnites radicaux.

Certains commentateurs politiques d’outre-Atlantique assurent qu’en coulisses, la Russie serait à la manœuvre. On se demande bien pourquoi, leurs homologues américains n’ayant besoin de personne pour se ridiculiser tout seuls. En revanche, il est un fait avéré qu’à l’heure qu’il est, et ce, au Kremlin, un certain Vladimir Poutine doit se claquer les cuisses de rire devant un tel spectacle.

Mais il y aurait plus grave encore, à en croire le site Internet de la chaîne i24news, fondée par le Franco-Israélien Patrick Drahi, et donc assez peu suspect d’anti-atlantisme forcené : « Des responsables qataris ont annoncé avoir contribué en 2011 à la fondation Clinton à l’occasion du 65e anniversaire de Bill Clinton. » Et c’est là que tout se complique, surtout quand le montant du chèque se monte à un million de dollars… Selon i24news, toujours : « D’après WikiLeaks, le précieux chèque devait être remis en personne par les Qataris à l’ancien président américain. La donation n’a cependant pas été révélée aux autorités américaines et pourrait, ainsi, violer une convention d’éthique que Hillary Clinton a signée avec le département d’État. […] Cet accord précise que toute aide provenant de gouvernements étrangers et donations qui représenteraient une “augmentation notable” des fonds de l’association doit être signalée. » Hillary Clinton savait donc que ces pays soutenaient en partie, grâce à l’argent du contribuable américain, cet État islamique contre lequel les USA sont pourtant censés être en guerre.

Julian Assange résume assez bien ce coup de billard à multiples bandes : « Les Saoudiens, les Qataris, les Marocains, les Bahreïniens – surtout les deux premiers -, donnaient tout cet argent à la fondation Clinton, alors que Hillary Clinton était secrétaire d’État et que le département d’État approuvait des ventes d’armes massives, en particulier à l’Arabie saoudite. » Lesquelles armes se retournent évidemment contre l’actuelle coalition internationale.

Et Donald Trump, dans tout ça ? N’ayant pas sa « carte au club », il n’est manifestement pas au courant de toutes ces combines. Au fait, Michael Moore, trublion gauchiste ayant tourné un film pro-Clinton intitulé Michael Moore in TrumpLand, retournerait-il sa veste ? Extraits choisis :

Donald Trump, devant des cadres de Ford : « Si vous fermez les usines que vous avez prévu de fermer à Detroit et que vous les construisez au Mexique, je vais mettre un tarif de 35 % sur ces voitures lorsque vous les renverrez ici et personne ne les achètera ! »

Michael Moore : « C’était incroyable à voir. Aucun politicien, républicain ou démocrate, n’avait jamais dit quelque chose comme ça à ces dirigeants. »

Et le même petit gros à casquette de pronostiquer que les Américains pourraient bien envoyer Donald Trump à la Maison-Blanche dans un gros « Fuck You » général…

À lire aussi

En pleine crise sanitaire, Louis de Funès bientôt remboursé par la Sécu ?

Nous sommes tous des Louis de Funès. …