L’Union européenne vole décidément de succès en succès : après avoir reçu le Prix Nobel de la Paix, mis fin (définitivement, cela va sans dire) à la crise de l’Euro, l’UE prétend avoir trouvé un accord intergouvernemental sur ses perspectives financières 2014-2020.

Une enveloppe globale d’environ 960 milliards d’euros dont les coups de boutoir conjugués de Merkel et Cameron ont permis de diminuer légèrement le volume par rapport au cadre budgétaire 2007-2013. Une première dans l’histoire budgétaire européenne.

Et les cabris européistes dont regorgent le Parlement de Strasbourg de pousser des cris d’orfraie : « c’est l’Europe qu’on assassine ! »

Moins d’argent pour Bruxelles, des eurocrates qui fulminent… à première vue, le bilan semblerait globalement positif. Il n’en est rien.

En effet, si le budget européen baisse, c’est la politique agricole commune (PAC), enjeu fondamental pour la France, qui est la plus concernée : – 47,5 milliards (- 12 %) par rapport à 2007-2013. C’est un fait : nos « amis » anglais et leurs alliés d’Europe du Nord n’aiment pas la PAC. En 2005, quand la Grande-Bretagne assurait la présidence de l’Union, Tony Blair avait déclaré que les dépenses de la PAC devaient être remises en cause car l’agriculture n’était pas un secteur « moderne ». Le fait que l’exigence de qualité alimentaire ne soit pas des plus élevées au royaume de sa gracieuse majesté ne surprendra personne ; en revanche, qu’un grand pays de commerce feigne de ne pas prendre conscience du rôle majeur que doit jouer l’UE pour répondre à la demande agricole mondiale et aux changements alimentaires des pays émergents, c’est plus significatif.

C’est la même alliance nordique qui a eu raison de l’aide alimentaire européenne : les fonds destinés à ce dispositif crucial pour de nombreuses associations sont en chute libre (- 30 % par rapport à la période précédente).

Mais, l’Europe a mieux à faire que de s’occuper des paysans et des plus démunis. Viviane Reding, mégère hystérique à côté de laquelle Taubira serait la douceur incarnée, veille au respect des priorités de Bruxelles. Non contente de s’immiscer désormais dans l’élaboration des budgets nationaux, la vice-Présidente de la Commission sanctuarise financièrement la composante sociétale de l’idéologie européiste : la lutte contre le racisme, la discrimination et le sexisme. Sans oublier les Roms que Nicolas Sarkozy aurait, sans le courage de Sainte-Viviane, envoyés en camps d’extermination.

Tout n’est pas rose néanmoins : les fonctionnaires européens viennent de se mettre en grève pour défendre leurs salaires. Rappelons que dans les institutions européennes, un chauffeur ou un huissier bénéficient d’un traitement équivalent en France à celui d’un Sous-Préfet ! On ne peut en effet que compatir et admettre que le projet de construction au sein du bâtiment bruxellois du Parlement Européen, d’un complexe aquatique destiné aux eurocrates (10 millions d’euros, une paille…) n’est qu’un modeste réconfort face aux avanies vécues quotidiennement par les stakhanovistes de l’UE.

L’Union Européenne est devenue l’URSS des temps modernes : inefficacité et pharisaïsme, auto-légitimation permanente et déni du réel, persécution politique des présumés « dissidents » (1), et défense des privilèges de sa Nomenklatura y sont désormais monnaie courante. L’ineffable logomachie des documents officiels ne fait pas davantage illusion que les fariboles du Gosplan. Pour y remédier et tenter de regagner les faveurs de l’opinion publique, l’Union européenne ne se refuse rien : elle vient d’augmenter de 35 % le budget consacré aux visites de la Commission européenne et de 38 % le budget de son portail Internet Europa.

Les paysans et les pauvres attendront.

(1) https://www.bvoltaire.fr/walleranddesaintjust/quand-des-deputes-europeens-veulent-etrangler-le-fn,10797
Et http://www.dailymotion.com/video/xcfmt2_3000-pour-un-chiffon-humide-nigel-f_news

10 février 2013

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