Editoriaux - Table - 28 août 2016

Une « victoire » claironnée

est recteur de la mosquée de Lyon. En d’autres termes, il est le personnage le plus important de l’islam dans la deuxième ville française, un homme de poids dans sa communauté. À la suite de l’arrêt du Conseil d’État dont tout le monde parle, il n’a pas pu s’empêcher de plastronner : il appelle les musulmans à être “fiers de la France et de son État de droit”. La décision de la haute juridiction administrative apporte “un démenti cinglant pour ceux qui affirment que l’islam n’a aucune place en France, en Europe, en Occident”. Et de conclure : “L’islam a toute sa place dans la République et il a droit aujourd’hui au cadre juridique dans lequel s’exerce la liberté de conscience du musulman, qu’il prie dans cette mosquée ou qu’il se baigne dans la mer.”

Décryptons.

D’abord, si monsieur le recteur était un adepte forcené, car intéressé, du « vivrensemble », attitude que prônent avec régularité ceux qui souhaitent que les rapports s’apaisent, il aurait choisi la modération, la pondération, la « discrétion » chère à Jean-Pierre Chevènement. Au lieu de cela, il claque des bretelles, il klaxonne, il s’époumone, il hurle « victoire ».

Ensuite, son propos laisse apparaître l’objectif qu’il se fixe, lui et ses collègues meneurs de musulmans : son territoire d’élection n’est pas Lyon mais la France, l’Europe et, enfin, l’Occident. Difficile de ne pas voir dans son énumération la volonté d’hégémonie d’une idéologie qui a le vent en poupe grâce, notamment – et il faut le regretter amèrement –, à l’aveuglement de beaucoup, chez nous comme ailleurs. Au passage, “avoir sa place” ne signifie pas “être compatible avec”, n’est-ce pas, Monsieur Valls ?

Enfin, on est heureux d’apprendre que le port de vêtements islamiques ressortit de la « liberté de conscience ». C’est bien là que se situe toute l’ambiguïté du propos, non seulement de cet imam, mais de tous les autres. La liberté de conscience est celle qu’exige la charia. Certes, si cette charia s’oppose trop violemment à notre droit « occidental », on n’en parle pas trop, attendant, pour la mettre en œuvre, que les esprits soient mûrs. Si, en revanche, avec l’aide des idiots utiles qui ne voient pas plus loin que le bout de leur idéologie (n’est-ce pas, Messieurs et Mesdames de la très lourdement subventionnée Ligue des droits de l’homme ?), ils peuvent pousser leurs exigences en profitant de la mollesse (lâcheté ?) des démocraties, ils n’hésitent pas. Que de conquêtes en peu d’années, toutes plus ou moins infimes, toutes plus ou moins moquées d’un « C’est pas grave ! C’est mineur ! » : le burkini n’est que la dernière en date de ces manœuvres, un pixel de plus sur l’écran de l’islamisation. Pour l’instant, on ne voit qu’une poignée de pixels qui ont pour nom nourriture halal, salles de prière en entreprise, voile ici ou là, piscines réservées, etc.

Avec le temps, tous ces pixels finiront bien par dessiner une image intelligible, cohérente, fatidique : celle d’un système idéologique totalitaire, à vocation de conquête absolue (n’en déplaise au pape François, si peu clairvoyant sur ce sujet).

Kamel Kabtane a fait une gaffe : faisant fi de la taqiya, il nous a montré son véritable objectif. Qui osera dire, un jour, « Je ne savais pas » ?

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