Editoriaux - Education - Justice - Sport - Table - 26 juin 2013

Un syndicat enseignant invente la “surnotation équitable” !

Marie Delarue a déjà évoqué ici-même la pratique surréaliste de « surnotation » décidée par l’académie d’Orléans-Tours pour les épreuves orales de français du bac. Bref rappel du principe : l’élève est noté sur 24 mais le barème reste sur 20. À quoi bon s’entêter à transmettre la connaissance alors qu’il suffit de changer l’unité de mesure pour obtenir des résultats corrects ? Belle trouvaille. L’énigme réside toutefois dans le choix du chiffre 24. Personnellement, quitte à faire monter les résultats de l’académie comme l’affirment sans rire les auteurs de cette idée lumineuse, j’aurais proposé une notation sur 150. Petits joueurs !

À ce concept pétaradant manquait la touche finale, le truc humanitaire tendance qui vous rend la démarche inattaquable, et pour cause : il s’agit d’une surnotation équitable. Waouh ! Le parent d’élève qui boit déjà du café péruvien issu du commerce équitable est comblé. Le voilà avec un enfant titulaire d’un bac, lui aussi équitable. C’en est presque émouvant. Ne reste plus qu’à lui acheter un bonnet péruvien, un poncho, et le tour est joué. Le diplômé se rendra à la fac à dos d’âne en jouant de la flûte. Muchas gracias, el presidente Hollandès !

Pour justifier l’initiative, le syndicat des enseignants SE-UNSA a pondu un e-mail, chef-d’œuvre de l’art abstrait dont il est indispensable de citer quelques morceaux choisis : « Il ne nous semble pas y avoir “gonflage” de notes mais simplement volonté d’équité pour des candidats qui auraient été stupidement pénalisés. » Stupidement ! J’en étais sûr ! Déjà lorsque j’étais en 3e, ces imbéciles de professeurs me donnaient du 3/20 alors que je n’avais rien fait, rien écouté ! J’étais, moi aussi, scandalisé. Je postule de ce pas à la direction du syndicat SE-UNSA. Ma première suggestion : punir les professeurs qui donnent de mauvaises notes. L’heure de ma vengeance a sonné.

« En pleine période de bac, il nous semble inconcevable de semer le trouble chez les candidats : le bac est une épreuve trop sérieuse pour s’amuser à semer la panique. » Force est de reconnaître que, sur ce point, le syndicat a raison. Pour un élève qui n’a rien foutu, la perspective de sécher lamentablement et d’obtenir un 2/20 est extrêmement stressante. J’en sais quelque chose. Toujours pas remis. J’en tremble encore. Les cyclistes étaient dopés mais le surnotage interdit. Pourquoi ce deux poids deux mesures dont j’ai été victime ? Enfin une injustice est réparée.

Un devoir peut être sur 20 et le barème sur 24 avec des exercices bonus. Nous ne voyons pas le mal. Exactement. Des exercices bonus du type « combien j’ai de doigts ? » auraient fait de moi un ponte du gouvernement actuel. Ministre du surnotage. Encore une vocation contrariée…

Définition du mot équitable : caractère de ce qui est fait avec justice et impartialité. Épreuve du bac français : en quoi cette surnotation est-elle équitable ? Vous avez 30 secondes.

Dernière minute : le ministre des Sports vient de décider que chaque but marqué par l’équipe de France compterait pour 2 points.

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