Editoriaux - Industrie - 8 janvier 2013

Un pilote dans l’avion ? Il n’y a pas d’avion !

Il a dit « Je ». Je commande. Je décide. Je fixe le cap. Ils ont répondu : « Président, nous voilà ! » Tous mobilisés à la demande du guide, du chef, du pilote. Mobilisés pour le redressement national, contre le chômage, pour le mariage gay, contre les licenciements, pour sortir le pays de l’abîme. Avant, c’était le pilotage automatique. Maintenant c’est, enfin, le pilote qui tient le manche à balai.

Et l’avion ? Eh bien, l’appareil est un monument classé. Car très rare. Il s’agit du fameux Ilyouchine IL14, propulsé par des hélices bien moins polluantes que les réacteurs. Pendant longtemps, l’Aeroflot soviétique recourut à ses bons et loyaux services dont elle n’a eu qu’à se féliciter. Le 6 mai 2012, Poutine l’a vendu à Hollande. Conscient des difficultés financières de la France, le Russe, bienveillant, l’a cédé à vil prix.

De menues dépenses ont dû toutefois être engagées pour redonner quelques couleurs à l’IL14 rebaptisé « La Foudre » dans le but de terroriser les riches. Le bleu a été écarté : il porte la marque de l’UMP. L’avion a donc été badigeonné de rose, couleur obligée, de vert, couleur nécessaire et exigée par les écologistes, d’un peu de rouge pour ne pas désespérer la classe ouvrière qui pointe au chômage.

Le pilote est qui vous savez. Et il a flanqué une mémorable branlée à son copilote qui avait tendance à roupiller. Bien plus intéressant est le personnel de cabine. Najat Vallaud-Belkacem est jolie. Aurélie Filippetti est mignonne. Il convient d’ajouter – pour ne pas être accusé de sexisme machiste – que Vincent Peillon a de beaux yeux, que Manuel Valls a de la prestance et qu’Arnaud Montebourg est très viril.

Certes, ils se chamaillent un peu entre eux. Certains voudraient que l’avion vole vers des lendemains qui chantent. D’autres ne veulent suivre que les consignes données par la tour de contrôle de Bruxelles. D’autres – les plus audacieux – réclament que l’avion soit repeint en bleu blanc rouge et se contente de tourner à l’intérieur de l’Hexagone. Ils n’hésitent pas à entrer dans la cabine du pilote pour tenter de l’influencer sur le cap à suivre. Et obtiennent toujours la même réponse : « Écoutez, on ne sait pas où on va mais on y va. »

L’avion vole bas. En rase-mottes : s’il s’écrase, ça fera moins mal. Vole ? Non, il volette. Car les Verts ont obtenu qu’il carbure au bioéthanol qui fait hoqueter les moteurs. C’est plutôt pénible pour les passagers et pour l’équipage. Surtout au décollage, l’IL14 ayant le plus grand mal à s’arracher du sol.

C’est pourquoi le pilote a décidé d’alléger la charge en virant les passagers riches, donc gros et lourds. Ces derniers sont donc montés à bord d’autres avions – qui ne doivent rien à la glorieuse industrie soviétique – pour aller loin, loin, très loin…

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