À première vue, Mme est charmante… Non, ce n’est pas une insulte ni un gros mot, c’est un fait et sous ce seul rapport, on ne peut que féliciter de certains de ses choix ministériels. Car Mme Filippetti est également ministre de la Culture et de la Communication.

M. Rémy Pflimlin est moins charmant que Mme Filippetti. Non, ce n’est pas une injure, mais une constatation. M. Pflimlin est de cette race d’administrateurs interchangeables qui, sans qu’on sache trop pourquoi, volent de fauteuil en fauteuil comme les perroquets de perchoir en perchoir et dont la belle carrière est couronnée par une retraite dorée. Après avoir occupé des postes de direction à France 3 puis aux NMPP, M. Pflimlin est depuis juillet 2010 le très envié président de France Télévisions et son mandat qui court, ou du moins qui devrait courir encore deux ans, le place sous la tutelle de Mme Filippetti.

Confronté à de sévères coupes budgétaires, M.Pflimlin a naturellement dû réduire la voilure, renoncer à certaines émissions, et modifier la grille de ses programmes. C’est ainsi qu’il a porté à une heure la durée quotidienne de « Soir 3 », en y incluant une demi-heure de décrochages régionaux et qu’il a rapatrié de France 3 sur France 2 « Ce soir ou jamais ». Or, ces décisions, qui ne bouleversent pas le paysage audiovisuel français n’ont pas eu l’heur de plaire à Mme le ministre, qui le lui a fait hautement et publiquement savoir.

Aurélie Filippetti accuse Rémy Pflimlin de ne pas avoir de vision stratégique. C’est bien possible, c’est même probable, ça fait bien dans le tableau, mais on ne sache pas que Mme Filippetti ait une telle vision, à moins qu’in petto… Mme Filippetti déplore que France Télévisions ait renoncé à tourner certains documentaires ou fictions qui relèvent de sa mission culturelle. En somme, elle demande à M.Pflimlin de faire mieux avec moins d’argent. Plus facile à dire qu’à faire. Mme Filippetti, enfin, a le culot de reprocher à M. Pflimlin de ne pas assurer le service public de proximité qui est dans son cahier des charges, cela alors que la réorganisation de « Soir 3 » invalide son propos.

Ce n’est pas la première fois ni la dernière, sous la hier, sous la gauche aujourd’hui, que l’État, foulant aux pieds toutes les belles déclarations de principes, s’immisce grossièrement dans la marche de la télévision publique. Au lieu de tourner autour du pot, Mme Filippetti s’honorerait en faisant preuve de franchise et, si elle manque de temps ou de nègres, suggérons-lui le texte d’une petite lettre qui mettrait les choses au clair et qui serait ainsi libellée :

Monsieur le président,

Mon souci n’est pas de savoir si vous êtes à la hauteur des fonctions qui sont les vôtres. Je vous connais mais je ne vous reconnais pas. Vous avez en effet été nommé sous et par Nicolas Sarkozy. C’est pourquoi, j’ai la ferme intention de vous pourrir la vie aussi longtemps que vous prétendrez exercer le mandat qui vous a été confié. Aussi le plus sage serait que vous m’adressiez dès à présent votre démission que j’accepterais aussitôt. Mon bureau et mon antichambre sont encombrés de candidats à votre succession, parmi lesquels j’ai d’ailleurs déjà fait mon choix.

Je vous prie d’agréer, etc.

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication socialistes.

14 décembre 2012

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